vendredi 9 mai 2008

Inverness

Scotland is nowhere near here, et les capitales se mêlent; petits amis habitent sur Dublin Street, il faut le faire! C’est à ne pas confondre avec la rue du Blin, si on veut que le courrier se rende à la bonne boîte.

Ma classe du jour est la plus lumineuse : « Vous allez vouère, il fait chaud vite icitte », m’avertit la concierge au matin. Par la fenêtre, on a vue sur un mur de montagnes, précédé d’un mur d’arbres. La cours est au bas de tout ça, gigantesque, avec deux terrain de soccer, un carré de sable format désert du Sahara et espaces de 4-carreaux.

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Les petits villageois qui ont le privilège génétique de pouvoir aller à l’école en anglais sont à Thetford Mines (grâce à des lois serrées visant à protéger cette langue en voie de disparition en Amérique, French, le gouvernement du Québec ne permet l’accès au réseau des écoles anglophones qu’aux enfants dont un des parents est allé à l’école en anglais, au Canada... C’est pourquoi, au-dessus de chacune des écoles anglos, on a fait construire des entonnoirs géants). Ici, dans cette petits école de cinq classes, paraît qu’un seul élève sait se débrouiller in English. Pour le reste, des efforts sont à faire pour atteindre un seuil passable de prétention de bilinguisme. Le « J’comprends rdjien, moé » est familier sur les lèvres des jeunes, découragés. C’est pire pour les plus vieux d’entre eux, car ils semblent réaliser plus lucidement l’étendu de leurs limitations à déchiffrer l’Autre langue et à l’utiliser pour s’exprimer en classe. De toute façon, pour quoi faire? Essayer de se faire comprendre par la suppléante? Ce n’est pas une réalité suffisante.

Entre le groupe travaillant sur « My future job » et celui qui écrit à propos de « My house », deux mondes. Le premier thème fait appel à l’imaginaire, à la projection d’une possibilité aussi ouverte dans le temps que les valons le sont ici dans la croûte terrestre – bien que pour beaucoup, cela signifie le désir naïf de suivre les traces des parents en travaillant sur la ferme – alors que le second ramène à l’observable, à ce que papa-maman a décidé de construire comme toits et murs, à l’univers observable de l’existence quotidienne. Dans la description des maisons, on note la couleur de la brique ou du clap-board, le nombre de pièces et les objets qui occupent la chambre à coucher. Les lignes de la feuille du future, elle, est presque vide.

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Les 3-4 sont tannants, irrespectueux, ou complètement désobéissants par moments. C’est la pire classe de l’école, paraît. Ce n’est tout de même pas si pire, ils ne sont avec moi que pour 60 minutes. C’est ça, l’avantage de la suppléance en spécialité anglais.

À la récré, on « veut tenir la porte » et « aller chercher la cloche ». J’apprends ce que ça veut dire ici.

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Dans cette école modeste, la moitié des locaux sont vacants, en même temps qu’on mélange officiellement batteries et drum. Sur l’heure du midi, on mange dos aux gouaches et poches de paillettes sur étagère pratique, face à Jean-Paul II. Ici, la religion n’est plus mise à jour. On compte tout de même trois églises dans le village : deux catholique et une, protestante. Elle sont fort probablement à-moitié vides elles aussi.

Au coin de la rue principale, il y a une chocolaterie.
J’ignore si elle est belge ou écossaise.

lundi 5 mai 2008

Avec les filles

On est allées à Laval.

On a pris le train.
On est montées à Chambly.
On a vu des écureuils.
On a conduit dans des montagnes.
On a vu un beau coucher de soleil.
On a mangé de la poutine.
On en a appris sur le fast-food.
On est allées au Lac William.
On a mangé une molle.
On a pris des photos de l'eau.
On s'est mouillé les pieds dans la neige.
On est montées dans une tour.
On est montées à Lévis.
On a mangée des sandwichs jambon-pickles-sauceBBQ.
On a pris le traversier.
On a pris le Chateau Frontenac en photos.
On a fait des expériences avec les petites lumières sur l'eau.
On s'est préparées en cas d'urgence.
On a pris des photos flolles.
On pris le funiculaire.
On a rencontré des amis.
On a bu de la bière.
On a mangé du pudding chômeur.
On a insulté la France.
On est rentrés tard.
On s'est trop habillées.
On a vu plein d'oies blanches.
On a eu froid sur le pont.
On s'est réchauffées sur le pont.
On a vu des maisons full vieilles.
On a vu des touristes.
On s'est fait espionner.
On a marché sur la plus étroite rue d'Amérique.
On a mangé de la soupe aux pois.
On est allées à la gare.
On est allées en Belgique.
On a lu de drôle d'horaires.
On a vu Sébastien.
On s'est baladés dans le Faubourg.
On est allées à la Citadelle.
On a repris le traversier.
On a re-eu froid.
On a re-bu du chaud.
On a dansé.
On a vu des chutes.
On a pris des photos des chutes.

On s’est dit au revoir.

Elles sont parties vers l’est.
Je suis partie vers l’ouest.

On... se revoit le 19!

Detailed illustrations of our actions available shortly on Flickr.

dimanche 4 mai 2008

Nouveau et vieux ménage

À voir la courbure des livres sur les étagères, je n’imaginais pas la dureté des artefacts. Depuis des années, ma vieille chambre chez Papa n’a pas bougé. Mais moi.

Je retrouve, oubliés, des cartables remplis de paroles de chansons : des mots des autres sur des mélodies qu’il faut retenir, qui resurgissent presque par magie à la vue de simples titre, ou des idées d’un refrain.

C’est par la musique que j’ai appris l’anglais.

Avec Sarah McLachlan, Sheryl Crow, Travis, Frente, Alanis Morrisette, Jewel… À travers ma montagne de Q Magazines 2000-2001, j’ai appris des anglicismes authentiques. Surtout, leurs pages glacées m’ont fait connaître Coldplay, Doves, Muse, Starsailor, Beth Orton et les Strokes. Certains de ces artistes ont collé à ma vie, complètement et depuis. Aujourd’hui, je balance des dizaines de dollars mérités à produire les souvenirs photo à la ville de Victoriaville toute entière. Merci à tous pour ce vieux don à la nouvelle bibliothèque municipale de Princeville.