jeudi 29 janvier 2009

Et

encore une fois!

lundi 26 janvier 2009

Allez, shut, le bébé dort

2:04am, il me reste 1:02 de batterie dans mon portable. (C'est un siiiigne)

Tant qu'à ne pas trouver sommeil, mieux valait se trouver quelque chose à faire. Pourquoi ne pas aller s'asseoir devant la plus grande fenêtre de l'appartement pour être témoin de l'un des exercices culturels les plus singuliers de ce pays de neige: le déneigement nocturne!

La plupart du temps, on est réveillé la nuit quand on dort, par des grondements distants, qui s'affirment plus ils s'approchent: les poids lourds qui parcourent les rues afin d'arracher de leurs pelles et soulever de leur souffle les milliars de flocons étant tombés du ciel sur la chaussée. Nous ici, piétons moyens, avons du mal même à nous souvenirs avec précision de ce qui peut bien être considéré comme la dernière précipitation, trop peu incommodés dans nos transports et encore moins, séquestrés dans la rue comme le sont les voitures de ces pauvres automobilistes fous. Vous savez, on devient tellement habitués qu'on ne se souvient plus trop quand était la dernière tempête.

C'est l'hiver, tous les jours. C'est tout, et c'est merveilleux.

C'est merveilleux comme une caravane de 5 dix-roues qui se préparent à s'enfuir avec une partie de l'ici tout blanc pour aller l'empiler ailleurs. Des mecs sont payés 30$ de l'heure pour rouler 20 km en autant de temps, tout au plus. Je les regarde défiler devant mon tronçon de rue pendant 2 minutes: c'est faire bien profiter un beau petit 5 dollars des taxes de monsieurmadame!

Chaque mastodonte produit un vacarme tout à fait unique; tous des grognements confiants et fiers, amusés, en contrôle. Quand ce ne sont pas les turbines de métal qui tirent la neige dans les airs ou les grattes qui traînent leur poids sur le bitume glacé, c'est la chenille qui file à vive allure sur le trottoir comme dans une piste de bobsleigh. Les murs tremblent comme secoués par d'innombrables secousses sismiques simultanées. Dans les chambres à coucher de chaque ménage du voisinage, des yeux s'ouvrent, des sourcils se froncent; des têtes plongent sous les oreillers. Ces insomnies généralisées se retrouvent à créer de parfait moments pour fustiger contre l'hiver, vérifier que le réveille-matin est programmé à la bonne heure, fumer une clope, faire l'amour.

Dehors, les déneigeurs s'improvisent pilotes de course: ils démarrent en trombe du coin des rues en donnant des coups de volants bien francs pour faire déraper leurs tonnes sur la glace, ni vu ni connus (les vrais pilotes de course sont millionnaires et ne se les font pas geler à -20 en plein hiver).

Je les regarde.

Après bientôt 58 minutes de cette cohue, il faut avouer que c'est presque abuser, M. Komatsu, je crois que vous aimez peut-être un peu trop votre travail.

samedi 24 janvier 2009

ENFIN!

Depuis les derniers mois, des kilomètres de film s'empilent dans mes cartons, en couches remplies d'histoires: mes archives sont de plus en plus difficiles à gérer... encore plus à rendre de manière officielle, mais voici un premier jet de ce site web duquel je rêvais depuis belle lurette:

www.mariannecharland.com

Ce sont principalement de "vieilles" images que vous avez déjà aperçues sur Flickr, en fait. Bien que l'impression laissée sur ce compte au cours du dernier semestre laisse entendre un abandon de la photo, c'est tou tle contraire qui se passe dans la réalité. Mais voilà, ça se passe dans la réalité plus que dans le virtel. Le travail des derniers mois s'accumule et s'accumule calmement dans mon ordi, attendant sagement que je le pare de ses plus beau attraits avant de le sortir au grand jour.

Venez faire votre tour sur le site souvent, le contenu changera selon mon oeil et les airs du temps.

mardi 20 janvier 2009

Sur glace

Il y a à peine plus d'un an, je redécouvrais une des plus solides couches de fond de mon être: la glace. Non pas que j'en sois faite (même si j'en ai parfois l'impression ou l'air) mais plutôt, je m'y trouve solidement ancrée en même temps que je m'en sers pour faire toutes sortes de mouvements, et je l'ai essayé, de déplacements.


Alors, aujourd'hui, j'ai re-re-renoué avec des savoirs vieux d'il y a 20 ans déjà, des "on-n'oublie-jamais-comment" comme ceux sur deux roues. Sauf que moi, en plus de l'art des ronds, je connais aussi très bien l'art des lignes. Je crois que j'ai connu les deux lames avant les deux roues... j'ai appris à les aimer froides, mortellement affilées, miroir. À pics d'abord, puis très très longues pour aller vite vite vite ensuite. Il y a des boîtes pleines de médailles qu'il faudrait que je débarrasse de chez mon père... pour ce qu'elles veulent dire maintenant.

Ce qu'il me reste de ce temps où la lettre P dans ma réalité était pour le mot "patin" et pas encore pour "photo", ne tient pas dans une boîte: c'est moi! Tout moi. Pour me croire (et moi-même me croire), il faut me remettre les pieds en bottines. C'est grâce aux vieux patins artistiques de ma soeur qu'il m'est possible de reconnecter les circuits de mes jambes (oh, force!) avec ceux de mes bras (oh, grâce, oh, voler!), et de mes oreilles (oh, équilibre!). À bien y penser, il faudrait bien ajouter le coeur à cette liste de circuits battants, stimulé qu'il le devient quand on veut rattraper les souvenirs, plus vite plus vite, voulant courser avec les sensations et réussissant à, chaque minute filant, penser de moins en moins.

La patino-thérapie.

Au bout d'une heure, j'avais revisité mes croisés avant, mes pas de reculons, mes jeux de pieds, mes sauts, mes pirouettes. Et juste une fois sur les fesses, morte de rire, tellement vivante.

* * *

Sur le chemin du retour, j'étais trop épuisée pour faire le détour, le long de la St-Charles jusqu'au pont Drouin pour ensuite revenir sur mes pas: j'habite à côté, mais entre la maison et la patinoire, faut traverser la rivière. Depuis des semaines qu'on peut voir des traces de pas, ça et là qui sont dessinés au-dessus de ce qu'on sait être des algues intoxiquées cachées sous des couches de noir et de blanc... l'oeuvre de fous!

Mais avant, on patinait sur la St-Charles! Avant quoi, je ne saurais dire.
Avant là, sûrement.

Quoi qu'il en soit, je me trouvais là, face à cet imposant serpent de neige blanche, un patin dans chaque main. À partir du bout de mes pieds, des traces se rendaient jusqu'à l'autre rive, en pointillé, en ligne non-brisée. La terre a arrêté de tourner. C'était bouleversant en même temps que c'était con: j'avais la trouille, alors qu'il était écrit sur la rivière que rien ne pouvait m'arriver. On grandit en sachant que même si on sait très bien nager en eau vive, dans cette eau-là, on ne nagerait pas très longtemps... Maudits traumatismes d'enfance.

Je me suis arrêtée au milieu du cours d'eau, le soleil de midi rebondissant en plein sous les sourcils, froncés pour mieux voir, de cette vue posée sur la ville qui n'est jamais possible en d'autres temps: un panorama vu ni du large, ni d'à bord, ni du bord.

Près de la rive, une colonne de granite prolongeait la ligne des traces de bottes qui me guidaient vers le ciel: "Ici, séjournèrent Jacques Cartier et l'équipage de la Petite Hermine lors des hivers 1535-1536".