vendredi 31 août 2007

La prise et les ondes

Certains se seront retrouvés au cours des derniers jours "en attente de Marianne" et il y a une explication autre que l'ignorance: mon portable est mort et ici à la campagne, aucun magasin n'est foutu de vendre des convertisseurs de prises de courant européens - j'ai trouvé un super gadget universel machin, mais à 40$, je passe mon tour en attendant de trouver le petit qu'il me faut.

J'imagine d'ici, MONTRÉAL (rouler le "r"), le paradis des prises, avec des magasins entiers nommés "Spécialiste de la prise électrique", de toutes les formes et pourquoi pas de couleur aussi, avec des pattes de toutes sortes: de véritables zoos plastique. Des conseillers de prises en uniforme électrique pour nous partager leur passion du voyage par les murs, au long des fils, pendus comme deux espadrilles à des imaginaires lointains qui font trembler sans le vouloir, des micros lumières de puissance. J'imagine des regards qui rêvent de machines à frissons étrangers copulant dans des langues étranges, avec des folts et des ouates hyperactives; le tout, canalisé à travers résine solidifiée et petites tiges métalliques à raz pied. Au fond, comme bien d'autres choses, c'est une question de touché: le bon.

Cette petite histoire vaut comme avertissement à ceux qui prévoiraient venir faire leur tour en Amérique sous peu. Well, j'imagine que vous prévoirez le coup avant le voyage lors de vos excitants préparatifs; ce n'est pas comme rentrer à la maison. On prévoit ça comment?

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Côté portable, il y a encore a dire à propos de ce nouveau quotidien retrouvé: Princeville étant situé dans une belle grosse zone grise (vu du ciel, ça ressemble à un gribouillis), il est rare de capter quelque signal que ce soit de la maison. Je blâme les vents de nous porter des relents de signaux jusqu'au bout du jardin parfois, mais sinon: nichts. Il faut se rendre jusqu'au boulevard; c'est là que passe le trafic.


Demain: Montréal! Oui, paradis des prises. Oui paradis des ondes et trafic du paradis.

jeudi 30 août 2007

Fin août

Le Québec sous la pluie se prend momentanément pour la Belgique, laissant derrière 8 jours de beau temps comme un mirage. La dernière semaine, ma première de retour au bercail, fut magnifique et la transition vers ma vie "normale" s'est faite sans heurt. Parents et amis ici sont globalement heureux et sereins après un splendide été; je ne peux me plaindre d'être entourée d'autant de bonheur et d'amour, neuf ou vieux, reposé ou fatigué.

Je songe au mois passés, me pinçant les yeux par moment, incrédule devant la quantité faramineuse d'images d'endroits magnifiques, troublants, joyeux, vers, gris, sec, mouillés, brûlants, froids, bruyants, tranquilles, connus ou méconnus que j'ai ramenés dans ma mémoire - dans ma tête et en giga-octets. En tournant ma tête de l'écran à la fenêtre, j'ai l'impression de passer du coq à l'âne: ici c'est l'été, le vrai, sans foulard ni manteau ni boucane de juillet aux cheminées, avec des 28 degrés à l'ombre, bien collants pour ne même pas avoir à lécher les timbres des cartes postales. C'est un environnement tropical accompagné de ses vastes forêts et champs bien fournis. C'est le temps des foins, c'est le temps du blé d'inde, c'est le temps des pommes (déjà); le soleil est couché à 20h et on se fait manger par les maringouin à partir de 19. Malgré cette joyeuse saison qui persiste fort le jour, ça gèle déjà la nuit; on couvre les tomates, concombres et patates dans le jardin; on pense à l'automne en regardant les plus faibles arbres baisser le ton de leurs feuilles...

Aujourd'hui, ce pourrait déjà être septembre.
Aujourd'hui, David a 30 ans.

mercredi 29 août 2007

Bllll...

Ce matin, j'ai redécouvert le beurre de peanuts Kraft: c'est sucré en criss!

lundi 27 août 2007

Dans les Appalaches

Ce sont les Appalaches qui m’ont fait confirmer que j’étais loin, très loin de la Belgique. Si j’avais passé 8 mois dans les Alpes françaises ou suisses, j’aurais sûrement modifié ma catégorisation de relief local à la baisse, mais revenant d’un pays qui ne connaît que les (magnifiques) bourrelets des Ardennes, je ne pouvais que m’exclamer : comme elles sont belles, ces montagnes!!!

Couvertes de forêts sauvages comme une falaise plein nord de mousse, les grandes collines de Bois-Francs se donnent toujours en spectacle quotidien. Seulement quelques nouvelles maisons sont devenues récents refuges pour de grands amoureux de la nature et de paysages idylliques (peut-être artistes, poètes, granos, retraités ou petits fermiers?). Que c’est beau, l’été dans les Appalaches (un récit d’hiver aurai un ton relativement diférent…). Parmis celles-là, le nouveau toît en construction des parents de Marie-Eve, au fin fond de St-Fortunat : un chalet suisse. Je ne suis pas la seule amoureuse de l’Europe dans le coin… les options de poursuite de rêves, elles, varient.

dimanche 26 août 2007

Re-tour

La première heure passée au Québec, j’ai été plongée dans l’espace; de l’aéroport vide à l’autoroute filant à travers champs et prés, je découvrais de l’air plus que l’on peut nécessiter durant une vie humaine complète. Le ciel était d’un bleu bien clair, libéré temporairement du smog estival habituel; mes yeux cherchaient désespérément quelque chose à quoi s’accrocher en dessous des nuages pour empêcher ma tête de tanguer. J’ai été sauvée par ceci :


Mes oreilles désaccordées ont trouvé assez difficile le retour à la mélodie francoise d’Amérique; j’ai voulu commencer à étiqueter les dialectes d’ici depuis ce moment désagréable (encore durant ma première heure montréalaise) où je ne pouvais rien comprendre de la conversation de mes voisins de table au resto. Non pas qu’on ne m’aie pas montré la politesse, mais je tenais vraiment à vérifier que j’étais toujours une québécoise saine d’esprit, dans ’a game. Il y avait bien de quoi douter, car lorsque je rassemblait toute l’attention laissée par mon décalage horaire, j’entendais de l’anglais alors que j’espérais du flamand, du parisien ou de l’allemand… Ce n’était pourtant que du joual de trucker! Rien que de rêver comme ça avec mes oreilles, j’avais le regard en larmes.

Le retour à ma réalité sociale se fit tout graduellement, un amour à la fois et de la joie à profusion sans rendez-vous. En l’espace de quelques heures, je revoyais Audrey, Papa, Anaëlle, Miakim, David et même oncles et tantes. Je me trouvais à leurs côtés comme si aucune montre n’avait continué sa route loin de nous au cours des derniers huit mois : une surprise qui tourne le coin de la porte avant de s’installer dans le mobilier. Pour me rappeler ce changement qui s’est fait en nous comme atour de nous ou à des milliers de kilomètres au cours du temps passé, j’ai fait la connaissance de bébé Rose et du petit Noam. C’est fou comme le développement de la chair et des os m’a véritablement fait comprendre le temps qui avait passé… des trésors de nouvelle vie qui ne s’en font pas avec son déroulement; la métaphore par excellence de mon retour.