Pas question de voyage, avant un temps.
Bon, on s'entendra sur le mot "voyagement", si vous voulez.
C'est un autre été. Avec toutes les choses qui ont été ces derniers mois, il fallait bouger, commencer quelque part, saisir une envie de se planter quelque part sinon, oui, tomber.
Après les classes, pointait un encore Montréal, prise 28, sur des rues parallèles où valser spectatrice, une impression de jamais conductrice. Après un temps, une âme en a marre. Sentais le recommencement réchauffé, et malgré toutes les fascinations du monde possible d'y côtoyer, il est clair déjà que je ne voudrais pas réellement y rester à la fin du diplôme. Vivre en sursis encore 8 mois, par défaut?
Marre du temporaire.
Mais pas de Montréal...
Plus le temps pour Montréal.
Pourquoi pas plutôt commencer déjà un bout de vie ailleurs, alors?
Voilà donc qu'au lieu de ramener petons, guenilles et lentilles de la campagne à la grande ville, j'ai repensé. J'ai laissé murir une idée semée par l'heureux hasard d'une découverte d'un nouvo Québec dont j'ignorais toutes les richesses de briques et de ruelles. Comme de fait, c'était l'époque de l'année où les samares s'amarrent. J'ai voulu en faire de même. On m'a invité dans une maison avec balcon sous la couverture épaisse de deux immenses érables argentés. J'ai pas su refusé.
Surtout qu'au premier jour d'essai de trouver du boulot, je suis tombée sur un poste payé qui faisait de l'oeil à mon idéal, et ça a cliqué, magiquement, de tous bords tous côtés: engagée! Souriante... En deux jours, de Montréal, déménagée. Partiellement, soit, car toujours il y a un là-bas bail à mon nom. Et la maison de Papa qui a connu bien assez de meubles ces derniers temps... Dans les excès d'adons, il ne faut pas faire exagérer des choses, le bon.
Me voilà alors, nouvellement greffée de paysages inconnus mais en même temps enveloppée d'une périphérie qui elle, m'est vaguement familière. Chaque jour, les paysages environnants se font de plus en plus porteurs de repères pour ces moments coulants, additionnés aux torrents incessants du ciel et du flot tranquille de la Saint-Charles. Dorénavant, il sera question de Haute-Ville, de Basse-Ville, encore plus de Saint-ci de Saint-ça, de côtes à pic, de murs, de musiques, de vieux tatouages en lettres attachées, de fleuristes garagistes, de dépanneurs-casse-croûte, de rues croisant des avenues...
Pour me tenir compagnie.
Pour me perdre, un peu, encore, aussi - je sais.
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1 commentaire:
Tu n'as pas su refuser... Je comprends!
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