lundi 31 mars 2008
lundi 24 mars 2008
Paraît que le printemps est là
Avant que tout ça se liquéfie... On croise les doigts pour un bon temps des sucres: la période sera au moins décalée, c'est sûr, suffisse qu'il continue à geler la nuit pendant la période de dégel pour que les érables coulent assez pour faire le bonheur des producteurs et grands amateurs de sirop, sucre, tire et cie. Les rivières, alors, peuvent elles aussi commencer à se préparer à déborder. Ça va être l'apocalypse.
jeudi 20 mars 2008
dimanche 16 mars 2008
jeudi 13 mars 2008
Tiens, un porte-voix
Université McGill, cours de Littérature québécoise, session 19.
Poème d'ouverture de l'Homme rapaillé (1970)
de Gaston Miron
J'ai fait de plus loin que moi un voyage abracadabrant
il y a longtemps que je ne m'étais pas revu
me voici en moi comme un homme dans une maison
qui s'est faite en mon absence
je te salue, silence
je ne suis pas revenu pour revenir
je suis arrivé à ce qui commence
.
mercredi 12 mars 2008
dimanche 9 mars 2008
Vortex
20 minutes pour braver de par-derrière des paupières engourdies puis, bêtement, je sous-estime la lame sculptée par le vent juste devant la maison: 1 heure de pelletage dans la cours. Des roues qui font clignoter le tableau de bord "SLIP, SLIP, SLIP". "Je sais, j'ai été assez dupe pour foncer sans mesurer la fiabilité des pouvoirs magiques de ma pensée, mais je comprends sans image la signification de cette apesanteur soudaine.
J'ai passé plus d'une heure à friser sous mon capuchon, à couvrir mes manches mitaines de moutons alors que de la voiture on me rappelait de repenser "everything in its right place". j'ai les doigts et poignets enflés. J'ai serré les mains comme jamais je ne m'étais agrippée à l'ennemi, sans jamais même serrer les dents de rage. Le désespoir ne me rejoint étrangement pas dans les moments moins typiques.
vendredi 7 mars 2008
Berceau
La météo annonce une méga tempête de neige, une autre, la je-sais-pas-combientième tellement il en a eu cette année - paraît que j'en ai manqué. À Montréal, on ne fournit plus à regarder la neige arriver puis partir à dos de camion pour les grands dépotoirs blancs. Les trottoirs ne sont même plus chatouilleux, habitués qu'il sont à se faire toucher, masser et gratter de sel de mers à venir.
Ici à Princeville, les amoncellements se font fiers en hauteurs devant les maisons, se prennent à la fois pour terre et toits. Derrière la maison, des montagnes teintent leurs formes hivernales sur les excès des averses blanches, s'assurent du coup d'un manteau deux couleurs pour bien au-delà de la saison.
D'ici dzimanche, on devrait en avoir à la mi-mollet, pour nous raccourcir, ou plutôt jucher nos semelles 40 cm plus haut or so, fierté amusée; des niveaux qui changent tous les champs, sauf là où les pas qui poussent de côté et le vent poudre au coin des carrés. "Tout dépend de la durée de la nuit, des heures de tombée tranquille, qui ont déjà commencé", mon regard vient de me murmurer.
On reprend notre souffle et on en rit - j'en suis hilare comme pour rien d'autre, en tous cas. Je reste où mes extrêmes peuvent choir, éparses mais francs, sans compter les distances parce qu'elles se rappellent.
Surtout, ne jamais chercher l'abri nuclimate, qui ne sait qu'effrayer à en mal-trembler; pour les latitudes, plutôt ignorer les inexactitudes pour embrasser les habitudes. Surtout, endormir sa renaissance éblouie dans le mouvement d'un ici berçant. C'est un cliché à aller rêver.
jeudi 6 mars 2008
mercredi 5 mars 2008
mardi 4 mars 2008
Fantomatique ritournelle de saison
Un voyage coup de tête, sans tuque; retraverser, encore, l’océan avec un grand A.
L’horizon, la perspective d’une vue à 5340 kilomètres de ma petite vie n’est jamais de trop... de mon existence qui s’accumule, je désirais du recul. Je me suis reculée, loin, d’un stratège optique laissant croire en une avancée dans l’espace de mon temps. Je suis venue errer à vos côtés. Vous aurez accompagné, encerclé, provoqué, étiré, mes pensées : les ailleurs des réflexions… la trouble vue d’un fantôme en décalage identitaire – vous m’aurez reconnue si vous en aviez déjà vu un, vous ne m’avez certainement pas reconnue si vous m’aviez déjà bien vue.
J’ai grandement profité de ces rebonds de mon esprit, réfléchissant en kilomètres à pied, sur des trottoirs sur-foulés des foules qui ne cessent de croiser leurs endroits de prédilection avec les moments des autres, ou on peut se voir à rencontre. Je serai allée partout, dans leur foulée et à rencontre, avec volonté brillant et au-delà de mes forces, dans tous les coins de mon non-vouloir, et nulle part. Ça serait facile de dire que j’aurais du rester chez nous: non, malgré que... votre continent est un fabuleux endroit, mais le moment était d’une drôlerie qui ne fait même pas sourire à pleines dents.
Tout arrive à point, et je n’ai manqué ni vol ni train. J’ai eu droit à une merveilleuse pause de l’hiver, de sa froidure qui dans l’émerveillement gèle les larmes avant même qu’elles ne puissent émerger du pergélisol. Grâce à l’Europe, dans son eau de surface, j’ai pu prendre l’inspiration dont j’avais besoin pour réapprendre à replonger.
Plonger et replonger, dedans et dehors de ses flaques, il y a quelques jours, il y a quelques mois, il y a quelques ans... Sur les vieux reliefs des derniers jours, je réussissais quand même sans mal à marcher, au côté des restes de ciel en émoi, à sauter en travers de ce qui reflétait mes gris. Je suis après tout l’héritière agile d’une vie à parcourir (les glaces minces) et à éviter (la slush épaisse!). Je dis cela pour me rassurer, car je crois bien qu’il y a de ces bons côtés qui ne s’égarent jamais totalement; la peur d’être perdue, elle, est plus affolante. Quand on voyage seule, on a intérêt à ne pas trop regarder son reflet de haut.
Je viens d’une campagne d’où les fermes ne sont qu’à regarder. De lonely rêves inexplicables, cauchemars à mi-temps ou éveillés à espérer le printemps, j’ai appris à cultiver un croisement de bonheur et de mal-être: ils sont, de saison, la fleurissante récolte d'éclosions existentielles. Je suis le réveil d'un précaire rendu humain de ciel et terre; heureusement, mon bien-être, fait de jachère et d’éclaircies intemporelles, revient, légendaire.
* * *
En un clignement de paupières, je retrouve notre butte, notre mont, notre montagne royale, et ma vie, sur un plateau.

