jeudi 24 juillet 2008

Nouveau et vieux ménage (suite)

Princeville, Qc
06.05.2008

Des lettres sur papier à écrire pastel d’amies que je ne me souvenais plus d’avoir eues. Dans ce temps-là, nos aptitudes écrites nous permettaient de se demander si on aimait l’école. On se disait mutuellement qu’on aimait s’écrire. On se souhaitait bonne chance dans nos leçons du vendredi. On oubliait nos points. On ne connaissait pas l’accord des participes passés et on finissait sur des « Bey ».

On avait le je t’aime facile, mais vrai.

On signait « ton amie ».

Avec le temps, on devint championnes de l’origami : on pliait nos écrits en flèches ou en mini colis. On se les adressait à toé de moé; les noms ont fini par changer. On s’est mises à décrire de façon détaillée nos cours, de qui font les cons, de qui les sont. On voulait aller magasiner en ville.

On s’excusait de ne pas savoir quoi dire et de laisser la page à moitié remplie.

On s’excusait de mal écrire.

On disait qu’on n’avait « pas rap ».

Après qu’on ait appris le sarcasme, on l’utilisait sans retenue.

On aimait les Backstreet Boys et les Spice Girls, puis un jour, on s’est mises à écouter du Lagwagon, Blink-182 et Pennywise, et à fumer du pot à l’école.

On s’écrivait pour se dire qu’on n’avait pas le temps de s’écrire, et qu’on allait se réécrire plus tard.


* * *

Dans ce grand ménage tout au fond de mon garde-robe, j’ai retrouvé des plats remplis de roches et de vieilles robes de chambre du temps ou ma mère flânait dans le confort matinal des flanelles. Dans mes tiroirs, j’ai retrouvé de vieux cahiers spirales du secondaire aux envies de mourir, de vieilles factures déteintes de chez des magasins qui n’existent probablement plus, de choses que je n’ai sûrement jetées. J’ai rouvert mon coffre à toutous et poupées, pour réaliser qu’il n’y en avait aucun auquel je tenais assez pour l’y remettre, sinon de mon Calinours Mélissa, à qui je mordais le nez de plastique à le casser, encore et encore malgré la colle, folle d’une rage alors, que je n’ai jamais su bien expliquer.

Dans mes vieux albums, j’ai retrouvé de vieux collants de Fraisinette. Qui sentaient encore.

2 commentaires:

ملفين a dit…

Est comme de trouver le passé.
Est comme de trouver ces "distants instants" de la vie.

Excuse moi l'hardiesse de commenter, mais j'ai vu tes blogs et me plaît beaucoup, celui ce que tu écris.
Je m'appelle : Melvin, et j'habite au El Salvador, en Amérique centrale.
Si tu trouves des erreurs dans ma rédaction et orthographe, est parce que je suis étudiant de français.
Un goût le pouvoir te lire et te saluer.

Atte.
Melvin

Unknown a dit…

wow! J'ai vraiment l'impression que ça parle de moi! Et dire qu'on se sent si différent et incompris à cette époque... Pourtant, on n'a jamais été plus semblables, tous les ados font exactement la même chose, et visiblement sur tous les continents!!!