samedi 20 décembre 2008

samedi 13 décembre 2008

Alors, je pars.

Hier, première réunion officielle: des chaises alignées devant un écran géant projetant des félicitations, sur une étage de bureaux qui se vaut un petit bout de Wallonie-Bruxelles à Québec. Dans mon coeur, je suis hystérique; dans ma tête, j'en suis déjà à visiter des apparts à Schaerbeek (si possible, dans les rues qui descendent vers le parc Ambiorix), à m'acheter ma passe mensuelle de la STIB (ma carte d'identité est toujours valide:), à mettre de l'argent dans mon compte de banque ING (là, il est videvide), à mettre des crédits sur mon GSM (toujours de l'énergie de février 2008 dans la pile)...

Ça dégénère facilement.

Je vous rassure, j'ai les pieds bien plantés dans la neige (plutôt, collés dans la glace) et je m'en réjouis! J'ai décrété que ce serait le plus bel hiver de ma vie. Parce qu'à Québec, c'est le vrai de vrai hiver (malgré tout le respect, l'admiration et l'amour que j'ai pour Montréal, force est d'admettre que c'est les Tropiques en comparaison): que ça va durer 6 mois, que je vais me brûler la face du vent du nord, du vent d'est, que je vais me casser trois poignets en montant la côte d'Abraham, que je vais mourrir en expédition dans les ruelles de Limoilou. Puisque ça va peut-être être mon dernier hiver avant un millénaire...

Ce matin en me rendant au boulot, j'observais les déneigeur-alpinistes grimpés au toit de l'église du couvent des Ursulines, rue Des jardins. Le fracas des plaques de glaces sur le trottoir si bas fouettait mon ouïe, et la faisait sourire de savoir que nul par ailleurs on entend des sons comme celui-là...

*

Quand si souvent je me suis crue une de tant d'images et de mots... j'apprends de nouvelles façons d'être depuis les derniers mois. Je regarde 2008 se terminer avec un noeud dans la gorge. Forte de toute la tristesse que cette année m'a apporté, de toute la joie, la confusion, l'espoir, tout le désespoir, la peur qui m'ont frappés et qui me donnèrent l'impression que cje commence seulement tout juste à exister.

Oui, je passe du coq à l'âne. Je suis au coq, je suis à l'âne.
Je suis le coq, je suis l'âne.

dimanche 26 octobre 2008

Projet, projection, prières


Québec, le jeudi 23 octobre 2008

Madame, Monsieur,

Jeune photographe de 24 ans, je vis actuellement à Québec, consolidant ma démarche artistique et tentant de percer dans le milieu des arts. C’est avec grand enthousiasme que je vous fais part aujourd’hui de mon projet de documentaire photographique Québec-Belgique. Par la présente, je dépose ma candidature pour le programme Curriculum de l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, dont le soutien est essentiel à la réalisation de mon projet.

Permettez-moi d’abord de vous exposer le chemin qui m’a menée à rapprocher ces trois villes. C’est en 2003 qu’un séjour en Angleterre a fait naître la passion que j’entretiens depuis à l’égard de l’Europe. Un an plus tard, j’y retournais déjà, caméra en main, me lançant à la découverte des pays de l’Europe centrale. L’été suivant, désireuse de retrouver les traces d’une longue et riche histoire, je suis partie à la découverte des pays de l’Ex-Yougoslavie. Souhaitant m’imprégner de la culture européenne autrement que par le voyage, j’ai décidé d’aller vivre là-bas le temps d’un semestre. C’est ainsi que j’ai choisi la Belgique, plus précisément la ville de Bruxelles, pour y étudier. Ce séjour prolongé m’a permis de mettre ma culture et ma langue en perspective avec celles de cet autre pays francophone, et d’approfondir ma vision artistique. Mes voyages, se multipliant, ont commencé rapidement à acquérir une portée documentaire. Je me suis mise à décrire la réalité des innombrables territoires visités aux parents et aux amis, par écrit et en paroles, mais surtout par la photographie.

Avec les années, mon regard photographique s’est adapté à ma vision du monde et en est devenu le reflet. Mes voyages m’ont permis de développer une vision comparative de l’ici et de l’ailleurs, de la société nôtre et de la culture de l’autre, bien au-delà de la simple photographie de voyage. Ici‑même, dans les lieux de mon enfance et de ma vie adulte, je m’emploie à cultiver ces mêmes réflexes de voyage, cette démarche qui m’habite et qui me pousse à porter un regard analytique, observateur, sur le monde qui m’entoure. Ces voyages, ces rencontres, ces révélations qui ont forgé ma compréhension du monde, tout cela a concouru à imposer en moi une vision : un projet de documentation photographique consistant à mettre en parallèle trois villes clés dans mon parcours :

Montréal, Québec et Bruxelles.

Ces trois villes que j’ai vécues au quotidien, tour à tour en tant qu’étudiante, voyageuse et citoyenne du monde, j’aspire maintenant à les faire cohabiter elles-mêmes, à les rapprocher dans le cadre d’une comparaison artistique, quasi documentaire. Ces villes, éloignées par la géographie, qui ont façonné ma vie et mon art, s’entremêlent en moi et alimentent le désir de les explorer davantage. Plus qu’un simple projet photographique, je tiens à réfléchir sur l’état actuel des villes de Montréal, Québec et Bruxelles; les unir pour en déceler les ressemblances et les différences, mais surtout découvrir comment elles s’inscrivent dans une même mouvance.

L’appui de l’OQWBJ m’apparaît essentiel à la réalisation de mon projet : non seulement votre aide me donnera les ressources nécessaires à la mise en œuvre du volet Belgique de mon projet (et donc du projet en entier), elle me permettra d’ouvrir des portes sur place, de travailler conjointement avec des personnes-ressources de premier ordre (plusieurs de mes anciens professeurs de l’ULB sont membres du Centre d'études Nord-Américaines Canada, États-Unis, Mexique), et, enfin, de mettre en application ma démarche photographique sur le terrain, autant dans les villes québécoises que dans la capitale belge.

C’est pourquoi, par la présente, je demande le soutien de l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse afin de pouvoir réaliser mon projet photographique sur les villes de Montréal, Québec et Bruxelles.

Dans l’espoir de pouvoir vous rencontrer, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

mercredi 10 septembre 2008

Limoilou

C’est des jeux de mots à l’infini pour les petits commerçants de quartier : une librairie qui s’appelle Lie-moi, un centre de location d’outils qui affiche Limoi-loue - les Christs oubliés dans les églises transformées en cirque, eux, les pauvres, se sont fait voler la chance de faire mousser leurs ventes.

Les premières terres qu’habitèrent les colons français prirent le nom, déformé, du domaine que possédait Jacques Cartier à Saint-Malo, le Limoëlou, après avoir porté le nom de Notre-Dame-de-Anges. Limoilou est désormais le nom de mon quartier. J’ai pris ses coordonées comme référence géographique; c’est ma borne, ma pin sur la map.

J’arpente au quotidien une plaine qui autrefois a connu la rencontre de l’Europe et des amérindiens, de la blancheur de la peau se battant contre celle de l’hiver. Aujourd’hui, elle s’étend en une série de rues et d’avenues, copiée sur le modèle de New York – l’Amérique, toujours copie de quelque chose…

La Basse-Ville, un peu comme les grandes villes d’Europe, a une rivière, nommée ainsi par les Récollets en l’honneur de Charles De Boves – d’autres prétendent que c’est plutôt au nom de Saint Charles Boromé, je vous laisse choisir. Chez vous, on l’appellerait un fleuve, semblable à la Seine ou au Danube. Mais quand on se jette dans le majestueux Saint-Laurent, on ne peut se prétendre méritant du même titre.

Ce qui s’étend au nord de la Saint-Charles, c’est le « Vieux-Limoilou », « jusqu’à la 18e rue, de la 1ère à la 6e avenue ». S’y enlignent tantôt des piles de briques brunes avec balcons et escaliers en colimaçon (avec encore plus de rigueur qu’à Montréal), tantôt des tours de tôle, tantôt des maisonnettes aux toits en mansardes, sur ce qui s’avèrerait un petit paradis de fouilles archéologiques. À l’époque ou les conditions de vie de Saint-Roch, le quartier voisin au sud maintenant devenu « arrondissement de la Cité », étaient devenues exécrables de par le tassement les unes sur les autres des maisons des ouvriers, à partir des murs des fabriques, Limoilou devint le paradis des bourgeois et familles qui eux, pouvaient profiter des espaces verts de leurs jardins intérieurs au cœur des croisement des rues tandis que les plus pauvres crevaient de chaud sur, sous, et autour de leurs feuilles de tôle.

Quelques générations plus tard, les industries ont bien changé. L’occupation des habitants du quartier de Limoilou s’est modifiée pour refléter la nouvelle réalité de cette cité : c’est le chômage pour ceux qui n’ont pas pris le virage automobile, coincés entre le trou à rats de Saint-Roch et la banlieue qui s’étend plus loin vers le nord. On brûle cigarette sur cigarette sur le balcon, avec les voisins, on se raconte les banalités de petites vies exceptionnellement médiocres. Avec tout ce monde devant et dessus les trottoirs, le paysage prend grand ses airs d’humanité.

Le laid, parfois, est beau. Je vous parle des ruelles une autre fois.

lundi 8 septembre 2008

Moi qui avait pris l'habitude de vous décrire les saisons, j'en ai sauté toute une. Vous m'excuserai pour l'été, dont je me suis efforcée d'apprendre à profiter, dans un lieu ou j'avais fort à apprendre. Il en reste quelques jours, de l'été. Et espérons plus de quelques jours pour le reste.

dimanche 27 juillet 2008

Depuis Chazal

C’était depuis Chazal que je n’avais pas été au dernier plancher. Quel bonheur, de ne pas se sentir piétiné, juste là, au-dessus de nos têtes! C’est à commencer à se rendre compte que ce sont seulement nos pas qui peuvent écraser les pensées des autres. Il faut faire attention. Aux coups de talons. Qu’on donne. Sans faire exprès.

vendredi 25 juillet 2008

jeudi 24 juillet 2008

Nouveau et vieux ménage (suite)

Princeville, Qc
06.05.2008

Des lettres sur papier à écrire pastel d’amies que je ne me souvenais plus d’avoir eues. Dans ce temps-là, nos aptitudes écrites nous permettaient de se demander si on aimait l’école. On se disait mutuellement qu’on aimait s’écrire. On se souhaitait bonne chance dans nos leçons du vendredi. On oubliait nos points. On ne connaissait pas l’accord des participes passés et on finissait sur des « Bey ».

On avait le je t’aime facile, mais vrai.

On signait « ton amie ».

Avec le temps, on devint championnes de l’origami : on pliait nos écrits en flèches ou en mini colis. On se les adressait à toé de moé; les noms ont fini par changer. On s’est mises à décrire de façon détaillée nos cours, de qui font les cons, de qui les sont. On voulait aller magasiner en ville.

On s’excusait de ne pas savoir quoi dire et de laisser la page à moitié remplie.

On s’excusait de mal écrire.

On disait qu’on n’avait « pas rap ».

Après qu’on ait appris le sarcasme, on l’utilisait sans retenue.

On aimait les Backstreet Boys et les Spice Girls, puis un jour, on s’est mises à écouter du Lagwagon, Blink-182 et Pennywise, et à fumer du pot à l’école.

On s’écrivait pour se dire qu’on n’avait pas le temps de s’écrire, et qu’on allait se réécrire plus tard.


* * *

Dans ce grand ménage tout au fond de mon garde-robe, j’ai retrouvé des plats remplis de roches et de vieilles robes de chambre du temps ou ma mère flânait dans le confort matinal des flanelles. Dans mes tiroirs, j’ai retrouvé de vieux cahiers spirales du secondaire aux envies de mourir, de vieilles factures déteintes de chez des magasins qui n’existent probablement plus, de choses que je n’ai sûrement jetées. J’ai rouvert mon coffre à toutous et poupées, pour réaliser qu’il n’y en avait aucun auquel je tenais assez pour l’y remettre, sinon de mon Calinours Mélissa, à qui je mordais le nez de plastique à le casser, encore et encore malgré la colle, folle d’une rage alors, que je n’ai jamais su bien expliquer.

Dans mes vieux albums, j’ai retrouvé de vieux collants de Fraisinette. Qui sentaient encore.

jeudi 3 juillet 2008

Québec, Québec

Pas question de voyage, avant un temps.

Bon, on s'entendra sur le mot "voyagement", si vous voulez.

C'est un autre été. Avec toutes les choses qui ont été ces derniers mois, il fallait bouger, commencer quelque part, saisir une envie de se planter quelque part sinon, oui, tomber.

Après les classes, pointait un encore Montréal, prise 28, sur des rues parallèles où valser spectatrice, une impression de jamais conductrice. Après un temps, une âme en a marre. Sentais le recommencement réchauffé, et malgré toutes les fascinations du monde possible d'y côtoyer, il est clair déjà que je ne voudrais pas réellement y rester à la fin du diplôme. Vivre en sursis encore 8 mois, par défaut?

Marre du temporaire.
Mais pas de Montréal...

Plus le temps pour Montréal.

Pourquoi pas plutôt commencer déjà un bout de vie ailleurs, alors?

Voilà donc qu'au lieu de ramener petons, guenilles et lentilles de la campagne à la grande ville, j'ai repensé. J'ai laissé murir une idée semée par l'heureux hasard d'une découverte d'un nouvo Québec dont j'ignorais toutes les richesses de briques et de ruelles. Comme de fait, c'était l'époque de l'année où les samares s'amarrent. J'ai voulu en faire de même. On m'a invité dans une maison avec balcon sous la couverture épaisse de deux immenses érables argentés. J'ai pas su refusé.

Surtout qu'au premier jour d'essai de trouver du boulot, je suis tombée sur un poste payé qui faisait de l'oeil à mon idéal, et ça a cliqué, magiquement, de tous bords tous côtés: engagée! Souriante... En deux jours, de Montréal, déménagée. Partiellement, soit, car toujours il y a un là-bas bail à mon nom. Et la maison de Papa qui a connu bien assez de meubles ces derniers temps... Dans les excès d'adons, il ne faut pas faire exagérer des choses, le bon.

Me voilà alors, nouvellement greffée de paysages inconnus mais en même temps enveloppée d'une périphérie qui elle, m'est vaguement familière. Chaque jour, les paysages environnants se font de plus en plus porteurs de repères pour ces moments coulants, additionnés aux torrents incessants du ciel et du flot tranquille de la Saint-Charles. Dorénavant, il sera question de Haute-Ville, de Basse-Ville, encore plus de Saint-ci de Saint-ça, de côtes à pic, de murs, de musiques, de vieux tatouages en lettres attachées, de fleuristes garagistes, de dépanneurs-casse-croûte, de rues croisant des avenues...

Pour me tenir compagnie.
Pour me perdre, un peu, encore, aussi - je sais.

vendredi 9 mai 2008

Inverness

Scotland is nowhere near here, et les capitales se mêlent; petits amis habitent sur Dublin Street, il faut le faire! C’est à ne pas confondre avec la rue du Blin, si on veut que le courrier se rende à la bonne boîte.

Ma classe du jour est la plus lumineuse : « Vous allez vouère, il fait chaud vite icitte », m’avertit la concierge au matin. Par la fenêtre, on a vue sur un mur de montagnes, précédé d’un mur d’arbres. La cours est au bas de tout ça, gigantesque, avec deux terrain de soccer, un carré de sable format désert du Sahara et espaces de 4-carreaux.

*

Les petits villageois qui ont le privilège génétique de pouvoir aller à l’école en anglais sont à Thetford Mines (grâce à des lois serrées visant à protéger cette langue en voie de disparition en Amérique, French, le gouvernement du Québec ne permet l’accès au réseau des écoles anglophones qu’aux enfants dont un des parents est allé à l’école en anglais, au Canada... C’est pourquoi, au-dessus de chacune des écoles anglos, on a fait construire des entonnoirs géants). Ici, dans cette petits école de cinq classes, paraît qu’un seul élève sait se débrouiller in English. Pour le reste, des efforts sont à faire pour atteindre un seuil passable de prétention de bilinguisme. Le « J’comprends rdjien, moé » est familier sur les lèvres des jeunes, découragés. C’est pire pour les plus vieux d’entre eux, car ils semblent réaliser plus lucidement l’étendu de leurs limitations à déchiffrer l’Autre langue et à l’utiliser pour s’exprimer en classe. De toute façon, pour quoi faire? Essayer de se faire comprendre par la suppléante? Ce n’est pas une réalité suffisante.

Entre le groupe travaillant sur « My future job » et celui qui écrit à propos de « My house », deux mondes. Le premier thème fait appel à l’imaginaire, à la projection d’une possibilité aussi ouverte dans le temps que les valons le sont ici dans la croûte terrestre – bien que pour beaucoup, cela signifie le désir naïf de suivre les traces des parents en travaillant sur la ferme – alors que le second ramène à l’observable, à ce que papa-maman a décidé de construire comme toits et murs, à l’univers observable de l’existence quotidienne. Dans la description des maisons, on note la couleur de la brique ou du clap-board, le nombre de pièces et les objets qui occupent la chambre à coucher. Les lignes de la feuille du future, elle, est presque vide.

*

Les 3-4 sont tannants, irrespectueux, ou complètement désobéissants par moments. C’est la pire classe de l’école, paraît. Ce n’est tout de même pas si pire, ils ne sont avec moi que pour 60 minutes. C’est ça, l’avantage de la suppléance en spécialité anglais.

À la récré, on « veut tenir la porte » et « aller chercher la cloche ». J’apprends ce que ça veut dire ici.

*

Dans cette école modeste, la moitié des locaux sont vacants, en même temps qu’on mélange officiellement batteries et drum. Sur l’heure du midi, on mange dos aux gouaches et poches de paillettes sur étagère pratique, face à Jean-Paul II. Ici, la religion n’est plus mise à jour. On compte tout de même trois églises dans le village : deux catholique et une, protestante. Elle sont fort probablement à-moitié vides elles aussi.

Au coin de la rue principale, il y a une chocolaterie.
J’ignore si elle est belge ou écossaise.

lundi 5 mai 2008

Avec les filles

On est allées à Laval.

On a pris le train.
On est montées à Chambly.
On a vu des écureuils.
On a conduit dans des montagnes.
On a vu un beau coucher de soleil.
On a mangé de la poutine.
On en a appris sur le fast-food.
On est allées au Lac William.
On a mangé une molle.
On a pris des photos de l'eau.
On s'est mouillé les pieds dans la neige.
On est montées dans une tour.
On est montées à Lévis.
On a mangée des sandwichs jambon-pickles-sauceBBQ.
On a pris le traversier.
On a pris le Chateau Frontenac en photos.
On a fait des expériences avec les petites lumières sur l'eau.
On s'est préparées en cas d'urgence.
On a pris des photos flolles.
On pris le funiculaire.
On a rencontré des amis.
On a bu de la bière.
On a mangé du pudding chômeur.
On a insulté la France.
On est rentrés tard.
On s'est trop habillées.
On a vu plein d'oies blanches.
On a eu froid sur le pont.
On s'est réchauffées sur le pont.
On a vu des maisons full vieilles.
On a vu des touristes.
On s'est fait espionner.
On a marché sur la plus étroite rue d'Amérique.
On a mangé de la soupe aux pois.
On est allées à la gare.
On est allées en Belgique.
On a lu de drôle d'horaires.
On a vu Sébastien.
On s'est baladés dans le Faubourg.
On est allées à la Citadelle.
On a repris le traversier.
On a re-eu froid.
On a re-bu du chaud.
On a dansé.
On a vu des chutes.
On a pris des photos des chutes.

On s’est dit au revoir.

Elles sont parties vers l’est.
Je suis partie vers l’ouest.

On... se revoit le 19!

Detailed illustrations of our actions available shortly on Flickr.

dimanche 4 mai 2008

Nouveau et vieux ménage

À voir la courbure des livres sur les étagères, je n’imaginais pas la dureté des artefacts. Depuis des années, ma vieille chambre chez Papa n’a pas bougé. Mais moi.

Je retrouve, oubliés, des cartables remplis de paroles de chansons : des mots des autres sur des mélodies qu’il faut retenir, qui resurgissent presque par magie à la vue de simples titre, ou des idées d’un refrain.

C’est par la musique que j’ai appris l’anglais.

Avec Sarah McLachlan, Sheryl Crow, Travis, Frente, Alanis Morrisette, Jewel… À travers ma montagne de Q Magazines 2000-2001, j’ai appris des anglicismes authentiques. Surtout, leurs pages glacées m’ont fait connaître Coldplay, Doves, Muse, Starsailor, Beth Orton et les Strokes. Certains de ces artistes ont collé à ma vie, complètement et depuis. Aujourd’hui, je balance des dizaines de dollars mérités à produire les souvenirs photo à la ville de Victoriaville toute entière. Merci à tous pour ce vieux don à la nouvelle bibliothèque municipale de Princeville.