mardi 29 avril 2008

Pour la fête

"We don't want to prepare dinner. Vous pouvez apporter votre snack préféré si vous voulez."

Mon appréciation du popcorn est peut-être légèrement, eh... démesurée.
(et Julia fait de l'humus qui ressemble à de la crème glacée)

vendredi 25 avril 2008

mardi 22 avril 2008

Le goût d'en avant

20:46
Carina et moi mangeons de la crème glacée sur le balcon en nous demandant ce qui, exactement, différencie un appartement d'un condominium.

Vous connaissez Louis Garrel?


Qu'est-ce que vous en pensez, hein?

vendredi 18 avril 2008

Deux roues

Back. Pas tordues par la mighty souffleuse, finalement. Pas trop, du moins. Tout est redressé, à l'exception peut-être de la pédale gauche qui prend un micro-angle d'un demi-degré et me donne l'impression de pédaler en diagonale.

Bon, fin avril: c'est taaard pour sortir son vélo! Et tout le monde s'y est remis tout d'un coup, comme si les parc ensevelis appartenaient à une autre époque plutôt qu'à la semaine dernière. Je prédis déjà des embouteillages monstres sur la nouvelles auto-route cyclable de l'Avenue du parc; finie la course matinale contre les chevaux à essence. Ils nous ont même installé des lumières à priorité vélos en bas de la côte.

*

En me baladant dans les rues aujourd'hui, j'ai pris la décision de rester en ville cet été. Je n'ai jamais profité de cette saison-là comme du monde, ici à Montréal, j'ai toujours eu la tête ailleurs, à moitié dans la réalité. Je n'ai jamais vraiment bien vu, trop occupée que j'étais à tout regarder; j'ai toujours aimé la sensation d'apesanteur des bonds sur la route, des montagnes russes, tout ça.

Ça doit être ça que je ne mets jamais de casque. Il serait définitivement plus sage de protéger le savoir et la lucidité que je me tue actuellement à retrouver... ok, mais cet après-midi, c'était pour le vent.

Toujours de drôles de façons de profiter.
Élisa, tu as dit aux filles qu'il fait 25 degrés aujourd'hui et que la neige est presque toute partie?

mercredi 16 avril 2008

Milieu de travail

Groupe 660
13:10

Travail intensif. Pour eux. Un plan de travail en quatre étapes, écrit en lettres attachées par ma soeur (personne ne fait plus ça de nos jours), à la craie blanche et orange, sur un tableau impeccable - ou presque: les responsables, hier, ont laissé quelques coulisses verticales qui viennent trahir leur hâte à sauter dans l'autobus. Il n'y a avait pas assez de temps pour bien rincer à l'éponge. Dehors, il fait si beau.

À part quelques craquements sporadiques de vis aux chaises, de vêtements qui froissent le papier des bureaux et d'espadrilles plats frottant sur la poussière du plancher lisse. Ce que les élèves sont sages... Si les mouches étaient réveillées, on pourrait les entendre voler.


*

13:42

L'eau du robinet a un goût que je reconnais. Ils n'ont pas changé la tuyauterie depuis 15 ans.


*

14:07
Ma soeur a la classe de 6e la plus tranquille de la terre. Ces jeunes ont de l'esprit, ils sont travaillants et autonomes. Ils ont la patience et la concentration nécessaire pour être à la tâche pendant 30 minutes sans broncher, ni déranger les voisins, ni attirer l'attention générale. C'est absolument exceptionnel. Ce calme a assez duré; je leur dit qu'ils peuvent chuchoter.

*

Beaudoin, Béliveau, Bergeron, Blais, Fortier, Fortin, Gagné, Gagnon, Hémond, Landry, Leblanc, Lemelin, Paradis, Savoie, St-Cyr, St-Pierre, Vachon... on est loin de Manille, Colombo ou Bogotá. Même que Côte-des-Neiges, d'ici, ça n'existe pas.


mercredi 9 avril 2008

Près de chez nous

Cet après-midi, j'ai touché à l'esprit d'une de mes voix préférées. Si ce n'était pas que mes pieds étaient cloués à plat sur la lourde marche de l'escalier roulant où je me laissais soulever du sous au sur-terrain, je pourrais prétendre que ce sont mes pas qui l'ont croisé. Nous avons plutôt croisé les regards. À reculons, j'ai d'abord aperçu les oreilles d'un couvre chef à la Castro, nouées haut-le-crâne, et un visage baissée, ne laissant pointer que l'arrête large d'un nez plat que je flairais comme déjà vu, sur fond de barbe, déjà-vue. J'observais l'effort maintenu par celui qui la portait, concentré sur les efforts de la montée de son corps entier; il m'observa juste assez longtemps pour comprendre ce que je voyais, en slow motion, puis quelques secondes de plus, pour apprécier sa force, de toute mon immobilité.

Montréal n'est qu'un gros village; on reconnait de nos comédiens, nos chanteurs, nos designers dans la rue presque au quotidien, surtout sur ce Plateau. Des étrangers aussi, des qu'on a l'impression de déjà connaître.

Celui-là, je ne l'avais en fait pas revu depuis le Botanique, il y a trop de mois déjà mais. C'était alors quelques minutes pour une foule; aujourd'hui ce fut quelques secondes pour un moment unique à travers mes sens en mouvement.

Il n'a pas changé de maison, Patrick Watson.


(To Build a Home, une oeuvre musicale qui m'a accompagnée de près tout au long des jours gris de mon dernier séjour européen -
Patrick Watson, pour The Cinematic Orchestra)

lundi 7 avril 2008

jeudi 3 avril 2008

Après l'hiver

Vous ne pourrez plus m'entendre parler de neige.

C'est fini.

Ça devrait être fini.

Au pire, vous aller avoir droit à un exposé sur les tempêtes retardataires ou des épisodes sporadiques de verglas. Car je me suis, vous l'aurez remarqué, contenue depuis décembre. Je n'ai même rien dit de cette grosse tempête post-21 mars - voilà qui est fait.

Alors, après l'hiver, c'est quoi?

Après l'hiver, c'est la disparition de ce qu'on a vu tout l'hiver, apparaître, changer, se faire expatrier; ce qu'on qu'on a vu engloutir la terre telle qu'on la connaissait sans se souvenir.

Après l'hiver, c'est l'apparition des biens extérieurs qu'on avait oubliés qu'on avait; c'est l'émergence des crottes des chiens des maîtres qu'on croyait qu'ils n'étaient pas hypocrites. On retrouve l'automne: l'hypocrite, on le croyait parti.

Après l'hiver, le trottoir devient plage, ou se seraient échoué des banquises et des épaves de vélos, couverte d'un sable noir grossier, de galettes de vieux cartons et des traces d'une marée de mégots au goudron.

Oubliez la pureté de la neige en janvier. En avril, Montréal est dégueulasse.

Mais malgré tout, après l'hiver, après une semaine où les balcons nous dégouttent sur la tête, dans les yeux, nous marquent le front comme une bénédiction: c'est la célébration de notre renaissance.

mercredi 2 avril 2008

Sur la croute

Dans la ruelle, la neige ne défonce pas; elle a eu du temps pour éviter ça. Après les chauds, les froids, ce n'est en fait pas comme dans les souvenirs, de sombrer à hauteur de petite jambe, prisonnier de la faiblesse de ce qu'il reste de la force de l'hiver qui chaque année s'épuise. Le printemps fait changer les choses, nous fait des surprises; que 2, 3 pouces. Des chutes qui n'en sont pas.

La ruelle, c'est le Montréal sauvage, étroit, celui des grands espaces, celui des Montréalais à œillères. Je en suis pas la seule à y avoir pensé: il y a des traces, déjà, qui datent. Leurs côtés sont tous arrondis par le soleil.

Mais la nuit, il n'y a personne. Que moi et des traces des autres.

Mon poids brise le silence de sa croustillance.


L'irrigularité de la surface bleuie dans l'ombre des jets distants des lampadaires, en vagues, laisse imaginer les chemins des bourrasques des derniers mois et l'attardement des éclaircis des derniers jours. Pour retrouver le noir de certains coins, on croirait bien qu'il faudra attendre septembre. On attendra, en pensant à autre chose.

mardi 1 avril 2008

Imperfections et radioactivité

Radioactive, je le suis sûrement encore aujourd'hui. On m'a dit que je le serais pour environ 24 heures.

Parce que là, ça fait!

Il faut trouver ce qu'ils ont, ces pieds-là... Pas seulement cinq orteils de chaque côté, non, si seulement c'était de la biologie élémentaire dont il s'agissait. Car voilà presque 3 ans maintenant que je marche chaque pas en pensant à mes chers p-i-e-d-s. Ça a commencé par le côté droit: un matin d'avril 2005, en marchant gaiement pour me rendre au métro Vendôme pour une splendide journée de travail (je ne suis pas sarcastique: il faisait beau, et je me dirigeais à mon travail, que j'adorais, et juste cette pensée me comblait de bonheur), je réalise, ayoye, que je dois m'être foulé la cheville, bizarrement sans m'en être rendue compte.

Encore. Me fouler la cheville droite, il faut savoir, est une technique savante que j'ai appris à maîtriser au cours de mon enfance et de mon adolescence. En résulte un état de guenille perpétuel de cette articulation à angle droit, que j'ai tout récemment réussi à soigner, mais l'explication vous sera livrée à un autre moment donné. À l'époque, fidèle à mon habitude lorsqu'un malaise se manifeste en moi - physique ou autre - je néglige la chose et travaille toute la journée comme une force_née.

Les jours passent. Ce n'est désormais plus la cheville qui m'élance, mais plutôt, la plante du pied. J'adore les plantes, mais celle-là, je commence à l'aimer un peu moins. Je l'ai raide comme du bois-francs et si je me concentre assez, je réalise que mon genou droit fatigue avant l'autre. Bah, ça va passer.

Ouais ouais, c'est ça! Ça finit par passer: de la cheville, au talon, aux orteils, en remontant en courant électrique derrière la cuisse, dans la fesse, jusqu'au dos! Super, reaching for the top! Bon, alors, quoi faire pour éviter la douleur? Certainement pas aller chez le médecin, car je dois travailler en prévision de mon pèlerinage dans les Balkans (!), et bien sûr, au boulot, je m'imagine sincèrement que je suis irrrrrremplaçable.

Tout l'été, à marcher quotidiennement en ancienne zone de guerre, caméra à la main et serbo-Croate entre les dents, je dois vouer que je n'y pense plus trop. Ma capacité d'adaptation à la souffrance est étonnante.

Je rentre, je recommence à travailler. J'ai pas le temps de consulter. Pas le temps. Pas le temps. Vélo, boulot, dodo, McGill dans mes temps libres puis déménagement dans les temps chauds de 2006. Et puis je commence à réaliser, que ce n'est vraiment pas normal de sentir des choc électriques à chaque coup de pédale droite, ça m'agace quand je roule en ville... et ça, c'est un ruinage de plaisir que je tolère moins.

Automne 2006: "Docteur, j'ai quelque chose à vous dire, j'ai mal au pieds. Et, c'est une longue histoire... Là, là, et là aussi, je crois que ça va ensemble. Help!" Elle me considère comme un tout, regard par en haut, regard par en-bas, air méprisant, et m'envoie faire mesurer tout ça ces jambes-là, voir si je n'avais pas une défectuosité que j'ignorais.

Devinez?

Yeah, right... Le rapport stipule: Dénivellation du bassin montrant un abaissement de 8mms de la hanche droite et légère scoliose à convexité droite de 5 degrés en regard de D8 (...) Conclusion? Raccourcissement de 8mm du membre inférieur droit. Remède miracle? Aucun! Traitement? Des semelles à 450$, non couvertes par mon assurance!

Qui en bout du compte, ne m'aurons que fait souffrir autant durant tout mon séjour en Europe. Aucune amélioration, surtout pas pour mon compte en banque, ni pour la diminution de mon temps de shopping pour trouver LA paire de chaussures qui serait assez haute pour ne pas m'en faire sortir à la moindre bourrasque. Et puis les semelles qu'on met tous les jours, ça finit par sentir mauvais. C'est fini!


Bon an mal an, mon pied droit a profité du monopole de toute mon attention dolorique pendant 3 fucking années, mine de rien, grand gagnant de mon oubli de ce que c'est que de ressentir le mal. avant que mon pied gauche se réveille en se disant que lui aussi voudrait bien être in the spotlight. Bon. Ça fait des randonnées condamnées, et des balades de moins en moins agréables, qui mènent à l'achat brise-coeur d'une passe de métro. Non, je ne suis pas handicapée...

Alors, C'EST QUOI?

Mon médecin suspectant la présence de fractures de stress aux métatarses (paraît que c'est assez populaire chez les jeunes femmes; comme si je désirais être dans le vent) , on me fit d'abord passé des rayons-X - le classique; vous n'êtes pas enceinte mademoiselle? Non! Ces tests ne démontrant finalement aucune fracture nette comme telle, on m'envoya alors passer une scintigraphie osseuse. "Vous n'êtes pas enceinte, mademoiselle? Parce qu'on vous injecte une substance légèrement radioactive, vous savez..." "Non non, ça va, injectez moi ce que vous voulez, allez." Puis, on vérifie ma circulation sanguine, pour voir si le produit connaît bien le chemin jusqu'aux culs de sac inférieurs de mon corps. À l'écran, apparaissaient comme un dessin de Light Bright, mes vaisseux sanguins en feu d'artifice dans le ciel sombre de mes jambes.

"Revenez nous voir dans cinq heures, le temps que le produit se rende dans vos os."

Soudainement, un petit plan tordu... je m'imaginais aller voiler des films dans les étalages de L.L. Lozeau! Il n'en fut rien.
J'ai lu, instead.

* * *

Selon Le grand dictionnaire des malaises et des maladies, les pieds sont le contact à la terre, la prise de stabilité dans les déplacements vers un but, un désir ou une direction. Ils représentent la position que nous prenons face aux situations qui se présentent à nous. Une douleur aux pieds signifierait un conflit entre la direction et le mouvement que je prends dans la vie. (...)

* * *

Comme c'est étrange d'observer ses os en temps réel... rien d'anormal en apparence...
Je veux qu'ils me diagnostiquent quelque chose, autre que des feux d'artifice sur un écran.

Résultats dans 2 semaines. Ceux-là.
Pour le reste... je traite un ouch à la fois.