mercredi 2 avril 2008

Sur la croute

Dans la ruelle, la neige ne défonce pas; elle a eu du temps pour éviter ça. Après les chauds, les froids, ce n'est en fait pas comme dans les souvenirs, de sombrer à hauteur de petite jambe, prisonnier de la faiblesse de ce qu'il reste de la force de l'hiver qui chaque année s'épuise. Le printemps fait changer les choses, nous fait des surprises; que 2, 3 pouces. Des chutes qui n'en sont pas.

La ruelle, c'est le Montréal sauvage, étroit, celui des grands espaces, celui des Montréalais à œillères. Je en suis pas la seule à y avoir pensé: il y a des traces, déjà, qui datent. Leurs côtés sont tous arrondis par le soleil.

Mais la nuit, il n'y a personne. Que moi et des traces des autres.

Mon poids brise le silence de sa croustillance.


L'irrigularité de la surface bleuie dans l'ombre des jets distants des lampadaires, en vagues, laisse imaginer les chemins des bourrasques des derniers mois et l'attardement des éclaircis des derniers jours. Pour retrouver le noir de certains coins, on croirait bien qu'il faudra attendre septembre. On attendra, en pensant à autre chose.

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