jeudi 3 avril 2008

Après l'hiver

Vous ne pourrez plus m'entendre parler de neige.

C'est fini.

Ça devrait être fini.

Au pire, vous aller avoir droit à un exposé sur les tempêtes retardataires ou des épisodes sporadiques de verglas. Car je me suis, vous l'aurez remarqué, contenue depuis décembre. Je n'ai même rien dit de cette grosse tempête post-21 mars - voilà qui est fait.

Alors, après l'hiver, c'est quoi?

Après l'hiver, c'est la disparition de ce qu'on a vu tout l'hiver, apparaître, changer, se faire expatrier; ce qu'on qu'on a vu engloutir la terre telle qu'on la connaissait sans se souvenir.

Après l'hiver, c'est l'apparition des biens extérieurs qu'on avait oubliés qu'on avait; c'est l'émergence des crottes des chiens des maîtres qu'on croyait qu'ils n'étaient pas hypocrites. On retrouve l'automne: l'hypocrite, on le croyait parti.

Après l'hiver, le trottoir devient plage, ou se seraient échoué des banquises et des épaves de vélos, couverte d'un sable noir grossier, de galettes de vieux cartons et des traces d'une marée de mégots au goudron.

Oubliez la pureté de la neige en janvier. En avril, Montréal est dégueulasse.

Mais malgré tout, après l'hiver, après une semaine où les balcons nous dégouttent sur la tête, dans les yeux, nous marquent le front comme une bénédiction: c'est la célébration de notre renaissance.

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