samedi 20 décembre 2008

samedi 13 décembre 2008

Alors, je pars.

Hier, première réunion officielle: des chaises alignées devant un écran géant projetant des félicitations, sur une étage de bureaux qui se vaut un petit bout de Wallonie-Bruxelles à Québec. Dans mon coeur, je suis hystérique; dans ma tête, j'en suis déjà à visiter des apparts à Schaerbeek (si possible, dans les rues qui descendent vers le parc Ambiorix), à m'acheter ma passe mensuelle de la STIB (ma carte d'identité est toujours valide:), à mettre de l'argent dans mon compte de banque ING (là, il est videvide), à mettre des crédits sur mon GSM (toujours de l'énergie de février 2008 dans la pile)...

Ça dégénère facilement.

Je vous rassure, j'ai les pieds bien plantés dans la neige (plutôt, collés dans la glace) et je m'en réjouis! J'ai décrété que ce serait le plus bel hiver de ma vie. Parce qu'à Québec, c'est le vrai de vrai hiver (malgré tout le respect, l'admiration et l'amour que j'ai pour Montréal, force est d'admettre que c'est les Tropiques en comparaison): que ça va durer 6 mois, que je vais me brûler la face du vent du nord, du vent d'est, que je vais me casser trois poignets en montant la côte d'Abraham, que je vais mourrir en expédition dans les ruelles de Limoilou. Puisque ça va peut-être être mon dernier hiver avant un millénaire...

Ce matin en me rendant au boulot, j'observais les déneigeur-alpinistes grimpés au toit de l'église du couvent des Ursulines, rue Des jardins. Le fracas des plaques de glaces sur le trottoir si bas fouettait mon ouïe, et la faisait sourire de savoir que nul par ailleurs on entend des sons comme celui-là...

*

Quand si souvent je me suis crue une de tant d'images et de mots... j'apprends de nouvelles façons d'être depuis les derniers mois. Je regarde 2008 se terminer avec un noeud dans la gorge. Forte de toute la tristesse que cette année m'a apporté, de toute la joie, la confusion, l'espoir, tout le désespoir, la peur qui m'ont frappés et qui me donnèrent l'impression que cje commence seulement tout juste à exister.

Oui, je passe du coq à l'âne. Je suis au coq, je suis à l'âne.
Je suis le coq, je suis l'âne.

dimanche 26 octobre 2008

Projet, projection, prières


Québec, le jeudi 23 octobre 2008

Madame, Monsieur,

Jeune photographe de 24 ans, je vis actuellement à Québec, consolidant ma démarche artistique et tentant de percer dans le milieu des arts. C’est avec grand enthousiasme que je vous fais part aujourd’hui de mon projet de documentaire photographique Québec-Belgique. Par la présente, je dépose ma candidature pour le programme Curriculum de l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, dont le soutien est essentiel à la réalisation de mon projet.

Permettez-moi d’abord de vous exposer le chemin qui m’a menée à rapprocher ces trois villes. C’est en 2003 qu’un séjour en Angleterre a fait naître la passion que j’entretiens depuis à l’égard de l’Europe. Un an plus tard, j’y retournais déjà, caméra en main, me lançant à la découverte des pays de l’Europe centrale. L’été suivant, désireuse de retrouver les traces d’une longue et riche histoire, je suis partie à la découverte des pays de l’Ex-Yougoslavie. Souhaitant m’imprégner de la culture européenne autrement que par le voyage, j’ai décidé d’aller vivre là-bas le temps d’un semestre. C’est ainsi que j’ai choisi la Belgique, plus précisément la ville de Bruxelles, pour y étudier. Ce séjour prolongé m’a permis de mettre ma culture et ma langue en perspective avec celles de cet autre pays francophone, et d’approfondir ma vision artistique. Mes voyages, se multipliant, ont commencé rapidement à acquérir une portée documentaire. Je me suis mise à décrire la réalité des innombrables territoires visités aux parents et aux amis, par écrit et en paroles, mais surtout par la photographie.

Avec les années, mon regard photographique s’est adapté à ma vision du monde et en est devenu le reflet. Mes voyages m’ont permis de développer une vision comparative de l’ici et de l’ailleurs, de la société nôtre et de la culture de l’autre, bien au-delà de la simple photographie de voyage. Ici‑même, dans les lieux de mon enfance et de ma vie adulte, je m’emploie à cultiver ces mêmes réflexes de voyage, cette démarche qui m’habite et qui me pousse à porter un regard analytique, observateur, sur le monde qui m’entoure. Ces voyages, ces rencontres, ces révélations qui ont forgé ma compréhension du monde, tout cela a concouru à imposer en moi une vision : un projet de documentation photographique consistant à mettre en parallèle trois villes clés dans mon parcours :

Montréal, Québec et Bruxelles.

Ces trois villes que j’ai vécues au quotidien, tour à tour en tant qu’étudiante, voyageuse et citoyenne du monde, j’aspire maintenant à les faire cohabiter elles-mêmes, à les rapprocher dans le cadre d’une comparaison artistique, quasi documentaire. Ces villes, éloignées par la géographie, qui ont façonné ma vie et mon art, s’entremêlent en moi et alimentent le désir de les explorer davantage. Plus qu’un simple projet photographique, je tiens à réfléchir sur l’état actuel des villes de Montréal, Québec et Bruxelles; les unir pour en déceler les ressemblances et les différences, mais surtout découvrir comment elles s’inscrivent dans une même mouvance.

L’appui de l’OQWBJ m’apparaît essentiel à la réalisation de mon projet : non seulement votre aide me donnera les ressources nécessaires à la mise en œuvre du volet Belgique de mon projet (et donc du projet en entier), elle me permettra d’ouvrir des portes sur place, de travailler conjointement avec des personnes-ressources de premier ordre (plusieurs de mes anciens professeurs de l’ULB sont membres du Centre d'études Nord-Américaines Canada, États-Unis, Mexique), et, enfin, de mettre en application ma démarche photographique sur le terrain, autant dans les villes québécoises que dans la capitale belge.

C’est pourquoi, par la présente, je demande le soutien de l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse afin de pouvoir réaliser mon projet photographique sur les villes de Montréal, Québec et Bruxelles.

Dans l’espoir de pouvoir vous rencontrer, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

mercredi 10 septembre 2008

Limoilou

C’est des jeux de mots à l’infini pour les petits commerçants de quartier : une librairie qui s’appelle Lie-moi, un centre de location d’outils qui affiche Limoi-loue - les Christs oubliés dans les églises transformées en cirque, eux, les pauvres, se sont fait voler la chance de faire mousser leurs ventes.

Les premières terres qu’habitèrent les colons français prirent le nom, déformé, du domaine que possédait Jacques Cartier à Saint-Malo, le Limoëlou, après avoir porté le nom de Notre-Dame-de-Anges. Limoilou est désormais le nom de mon quartier. J’ai pris ses coordonées comme référence géographique; c’est ma borne, ma pin sur la map.

J’arpente au quotidien une plaine qui autrefois a connu la rencontre de l’Europe et des amérindiens, de la blancheur de la peau se battant contre celle de l’hiver. Aujourd’hui, elle s’étend en une série de rues et d’avenues, copiée sur le modèle de New York – l’Amérique, toujours copie de quelque chose…

La Basse-Ville, un peu comme les grandes villes d’Europe, a une rivière, nommée ainsi par les Récollets en l’honneur de Charles De Boves – d’autres prétendent que c’est plutôt au nom de Saint Charles Boromé, je vous laisse choisir. Chez vous, on l’appellerait un fleuve, semblable à la Seine ou au Danube. Mais quand on se jette dans le majestueux Saint-Laurent, on ne peut se prétendre méritant du même titre.

Ce qui s’étend au nord de la Saint-Charles, c’est le « Vieux-Limoilou », « jusqu’à la 18e rue, de la 1ère à la 6e avenue ». S’y enlignent tantôt des piles de briques brunes avec balcons et escaliers en colimaçon (avec encore plus de rigueur qu’à Montréal), tantôt des tours de tôle, tantôt des maisonnettes aux toits en mansardes, sur ce qui s’avèrerait un petit paradis de fouilles archéologiques. À l’époque ou les conditions de vie de Saint-Roch, le quartier voisin au sud maintenant devenu « arrondissement de la Cité », étaient devenues exécrables de par le tassement les unes sur les autres des maisons des ouvriers, à partir des murs des fabriques, Limoilou devint le paradis des bourgeois et familles qui eux, pouvaient profiter des espaces verts de leurs jardins intérieurs au cœur des croisement des rues tandis que les plus pauvres crevaient de chaud sur, sous, et autour de leurs feuilles de tôle.

Quelques générations plus tard, les industries ont bien changé. L’occupation des habitants du quartier de Limoilou s’est modifiée pour refléter la nouvelle réalité de cette cité : c’est le chômage pour ceux qui n’ont pas pris le virage automobile, coincés entre le trou à rats de Saint-Roch et la banlieue qui s’étend plus loin vers le nord. On brûle cigarette sur cigarette sur le balcon, avec les voisins, on se raconte les banalités de petites vies exceptionnellement médiocres. Avec tout ce monde devant et dessus les trottoirs, le paysage prend grand ses airs d’humanité.

Le laid, parfois, est beau. Je vous parle des ruelles une autre fois.

lundi 8 septembre 2008

Moi qui avait pris l'habitude de vous décrire les saisons, j'en ai sauté toute une. Vous m'excuserai pour l'été, dont je me suis efforcée d'apprendre à profiter, dans un lieu ou j'avais fort à apprendre. Il en reste quelques jours, de l'été. Et espérons plus de quelques jours pour le reste.

dimanche 27 juillet 2008

Depuis Chazal

C’était depuis Chazal que je n’avais pas été au dernier plancher. Quel bonheur, de ne pas se sentir piétiné, juste là, au-dessus de nos têtes! C’est à commencer à se rendre compte que ce sont seulement nos pas qui peuvent écraser les pensées des autres. Il faut faire attention. Aux coups de talons. Qu’on donne. Sans faire exprès.

vendredi 25 juillet 2008

jeudi 24 juillet 2008

Nouveau et vieux ménage (suite)

Princeville, Qc
06.05.2008

Des lettres sur papier à écrire pastel d’amies que je ne me souvenais plus d’avoir eues. Dans ce temps-là, nos aptitudes écrites nous permettaient de se demander si on aimait l’école. On se disait mutuellement qu’on aimait s’écrire. On se souhaitait bonne chance dans nos leçons du vendredi. On oubliait nos points. On ne connaissait pas l’accord des participes passés et on finissait sur des « Bey ».

On avait le je t’aime facile, mais vrai.

On signait « ton amie ».

Avec le temps, on devint championnes de l’origami : on pliait nos écrits en flèches ou en mini colis. On se les adressait à toé de moé; les noms ont fini par changer. On s’est mises à décrire de façon détaillée nos cours, de qui font les cons, de qui les sont. On voulait aller magasiner en ville.

On s’excusait de ne pas savoir quoi dire et de laisser la page à moitié remplie.

On s’excusait de mal écrire.

On disait qu’on n’avait « pas rap ».

Après qu’on ait appris le sarcasme, on l’utilisait sans retenue.

On aimait les Backstreet Boys et les Spice Girls, puis un jour, on s’est mises à écouter du Lagwagon, Blink-182 et Pennywise, et à fumer du pot à l’école.

On s’écrivait pour se dire qu’on n’avait pas le temps de s’écrire, et qu’on allait se réécrire plus tard.


* * *

Dans ce grand ménage tout au fond de mon garde-robe, j’ai retrouvé des plats remplis de roches et de vieilles robes de chambre du temps ou ma mère flânait dans le confort matinal des flanelles. Dans mes tiroirs, j’ai retrouvé de vieux cahiers spirales du secondaire aux envies de mourir, de vieilles factures déteintes de chez des magasins qui n’existent probablement plus, de choses que je n’ai sûrement jetées. J’ai rouvert mon coffre à toutous et poupées, pour réaliser qu’il n’y en avait aucun auquel je tenais assez pour l’y remettre, sinon de mon Calinours Mélissa, à qui je mordais le nez de plastique à le casser, encore et encore malgré la colle, folle d’une rage alors, que je n’ai jamais su bien expliquer.

Dans mes vieux albums, j’ai retrouvé de vieux collants de Fraisinette. Qui sentaient encore.

jeudi 3 juillet 2008

Québec, Québec

Pas question de voyage, avant un temps.

Bon, on s'entendra sur le mot "voyagement", si vous voulez.

C'est un autre été. Avec toutes les choses qui ont été ces derniers mois, il fallait bouger, commencer quelque part, saisir une envie de se planter quelque part sinon, oui, tomber.

Après les classes, pointait un encore Montréal, prise 28, sur des rues parallèles où valser spectatrice, une impression de jamais conductrice. Après un temps, une âme en a marre. Sentais le recommencement réchauffé, et malgré toutes les fascinations du monde possible d'y côtoyer, il est clair déjà que je ne voudrais pas réellement y rester à la fin du diplôme. Vivre en sursis encore 8 mois, par défaut?

Marre du temporaire.
Mais pas de Montréal...

Plus le temps pour Montréal.

Pourquoi pas plutôt commencer déjà un bout de vie ailleurs, alors?

Voilà donc qu'au lieu de ramener petons, guenilles et lentilles de la campagne à la grande ville, j'ai repensé. J'ai laissé murir une idée semée par l'heureux hasard d'une découverte d'un nouvo Québec dont j'ignorais toutes les richesses de briques et de ruelles. Comme de fait, c'était l'époque de l'année où les samares s'amarrent. J'ai voulu en faire de même. On m'a invité dans une maison avec balcon sous la couverture épaisse de deux immenses érables argentés. J'ai pas su refusé.

Surtout qu'au premier jour d'essai de trouver du boulot, je suis tombée sur un poste payé qui faisait de l'oeil à mon idéal, et ça a cliqué, magiquement, de tous bords tous côtés: engagée! Souriante... En deux jours, de Montréal, déménagée. Partiellement, soit, car toujours il y a un là-bas bail à mon nom. Et la maison de Papa qui a connu bien assez de meubles ces derniers temps... Dans les excès d'adons, il ne faut pas faire exagérer des choses, le bon.

Me voilà alors, nouvellement greffée de paysages inconnus mais en même temps enveloppée d'une périphérie qui elle, m'est vaguement familière. Chaque jour, les paysages environnants se font de plus en plus porteurs de repères pour ces moments coulants, additionnés aux torrents incessants du ciel et du flot tranquille de la Saint-Charles. Dorénavant, il sera question de Haute-Ville, de Basse-Ville, encore plus de Saint-ci de Saint-ça, de côtes à pic, de murs, de musiques, de vieux tatouages en lettres attachées, de fleuristes garagistes, de dépanneurs-casse-croûte, de rues croisant des avenues...

Pour me tenir compagnie.
Pour me perdre, un peu, encore, aussi - je sais.

vendredi 9 mai 2008

Inverness

Scotland is nowhere near here, et les capitales se mêlent; petits amis habitent sur Dublin Street, il faut le faire! C’est à ne pas confondre avec la rue du Blin, si on veut que le courrier se rende à la bonne boîte.

Ma classe du jour est la plus lumineuse : « Vous allez vouère, il fait chaud vite icitte », m’avertit la concierge au matin. Par la fenêtre, on a vue sur un mur de montagnes, précédé d’un mur d’arbres. La cours est au bas de tout ça, gigantesque, avec deux terrain de soccer, un carré de sable format désert du Sahara et espaces de 4-carreaux.

*

Les petits villageois qui ont le privilège génétique de pouvoir aller à l’école en anglais sont à Thetford Mines (grâce à des lois serrées visant à protéger cette langue en voie de disparition en Amérique, French, le gouvernement du Québec ne permet l’accès au réseau des écoles anglophones qu’aux enfants dont un des parents est allé à l’école en anglais, au Canada... C’est pourquoi, au-dessus de chacune des écoles anglos, on a fait construire des entonnoirs géants). Ici, dans cette petits école de cinq classes, paraît qu’un seul élève sait se débrouiller in English. Pour le reste, des efforts sont à faire pour atteindre un seuil passable de prétention de bilinguisme. Le « J’comprends rdjien, moé » est familier sur les lèvres des jeunes, découragés. C’est pire pour les plus vieux d’entre eux, car ils semblent réaliser plus lucidement l’étendu de leurs limitations à déchiffrer l’Autre langue et à l’utiliser pour s’exprimer en classe. De toute façon, pour quoi faire? Essayer de se faire comprendre par la suppléante? Ce n’est pas une réalité suffisante.

Entre le groupe travaillant sur « My future job » et celui qui écrit à propos de « My house », deux mondes. Le premier thème fait appel à l’imaginaire, à la projection d’une possibilité aussi ouverte dans le temps que les valons le sont ici dans la croûte terrestre – bien que pour beaucoup, cela signifie le désir naïf de suivre les traces des parents en travaillant sur la ferme – alors que le second ramène à l’observable, à ce que papa-maman a décidé de construire comme toits et murs, à l’univers observable de l’existence quotidienne. Dans la description des maisons, on note la couleur de la brique ou du clap-board, le nombre de pièces et les objets qui occupent la chambre à coucher. Les lignes de la feuille du future, elle, est presque vide.

*

Les 3-4 sont tannants, irrespectueux, ou complètement désobéissants par moments. C’est la pire classe de l’école, paraît. Ce n’est tout de même pas si pire, ils ne sont avec moi que pour 60 minutes. C’est ça, l’avantage de la suppléance en spécialité anglais.

À la récré, on « veut tenir la porte » et « aller chercher la cloche ». J’apprends ce que ça veut dire ici.

*

Dans cette école modeste, la moitié des locaux sont vacants, en même temps qu’on mélange officiellement batteries et drum. Sur l’heure du midi, on mange dos aux gouaches et poches de paillettes sur étagère pratique, face à Jean-Paul II. Ici, la religion n’est plus mise à jour. On compte tout de même trois églises dans le village : deux catholique et une, protestante. Elle sont fort probablement à-moitié vides elles aussi.

Au coin de la rue principale, il y a une chocolaterie.
J’ignore si elle est belge ou écossaise.

lundi 5 mai 2008

Avec les filles

On est allées à Laval.

On a pris le train.
On est montées à Chambly.
On a vu des écureuils.
On a conduit dans des montagnes.
On a vu un beau coucher de soleil.
On a mangé de la poutine.
On en a appris sur le fast-food.
On est allées au Lac William.
On a mangé une molle.
On a pris des photos de l'eau.
On s'est mouillé les pieds dans la neige.
On est montées dans une tour.
On est montées à Lévis.
On a mangée des sandwichs jambon-pickles-sauceBBQ.
On a pris le traversier.
On a pris le Chateau Frontenac en photos.
On a fait des expériences avec les petites lumières sur l'eau.
On s'est préparées en cas d'urgence.
On a pris des photos flolles.
On pris le funiculaire.
On a rencontré des amis.
On a bu de la bière.
On a mangé du pudding chômeur.
On a insulté la France.
On est rentrés tard.
On s'est trop habillées.
On a vu plein d'oies blanches.
On a eu froid sur le pont.
On s'est réchauffées sur le pont.
On a vu des maisons full vieilles.
On a vu des touristes.
On s'est fait espionner.
On a marché sur la plus étroite rue d'Amérique.
On a mangé de la soupe aux pois.
On est allées à la gare.
On est allées en Belgique.
On a lu de drôle d'horaires.
On a vu Sébastien.
On s'est baladés dans le Faubourg.
On est allées à la Citadelle.
On a repris le traversier.
On a re-eu froid.
On a re-bu du chaud.
On a dansé.
On a vu des chutes.
On a pris des photos des chutes.

On s’est dit au revoir.

Elles sont parties vers l’est.
Je suis partie vers l’ouest.

On... se revoit le 19!

Detailed illustrations of our actions available shortly on Flickr.

dimanche 4 mai 2008

Nouveau et vieux ménage

À voir la courbure des livres sur les étagères, je n’imaginais pas la dureté des artefacts. Depuis des années, ma vieille chambre chez Papa n’a pas bougé. Mais moi.

Je retrouve, oubliés, des cartables remplis de paroles de chansons : des mots des autres sur des mélodies qu’il faut retenir, qui resurgissent presque par magie à la vue de simples titre, ou des idées d’un refrain.

C’est par la musique que j’ai appris l’anglais.

Avec Sarah McLachlan, Sheryl Crow, Travis, Frente, Alanis Morrisette, Jewel… À travers ma montagne de Q Magazines 2000-2001, j’ai appris des anglicismes authentiques. Surtout, leurs pages glacées m’ont fait connaître Coldplay, Doves, Muse, Starsailor, Beth Orton et les Strokes. Certains de ces artistes ont collé à ma vie, complètement et depuis. Aujourd’hui, je balance des dizaines de dollars mérités à produire les souvenirs photo à la ville de Victoriaville toute entière. Merci à tous pour ce vieux don à la nouvelle bibliothèque municipale de Princeville.

mardi 29 avril 2008

Pour la fête

"We don't want to prepare dinner. Vous pouvez apporter votre snack préféré si vous voulez."

Mon appréciation du popcorn est peut-être légèrement, eh... démesurée.
(et Julia fait de l'humus qui ressemble à de la crème glacée)

vendredi 25 avril 2008

mardi 22 avril 2008

Le goût d'en avant

20:46
Carina et moi mangeons de la crème glacée sur le balcon en nous demandant ce qui, exactement, différencie un appartement d'un condominium.

Vous connaissez Louis Garrel?


Qu'est-ce que vous en pensez, hein?

vendredi 18 avril 2008

Deux roues

Back. Pas tordues par la mighty souffleuse, finalement. Pas trop, du moins. Tout est redressé, à l'exception peut-être de la pédale gauche qui prend un micro-angle d'un demi-degré et me donne l'impression de pédaler en diagonale.

Bon, fin avril: c'est taaard pour sortir son vélo! Et tout le monde s'y est remis tout d'un coup, comme si les parc ensevelis appartenaient à une autre époque plutôt qu'à la semaine dernière. Je prédis déjà des embouteillages monstres sur la nouvelles auto-route cyclable de l'Avenue du parc; finie la course matinale contre les chevaux à essence. Ils nous ont même installé des lumières à priorité vélos en bas de la côte.

*

En me baladant dans les rues aujourd'hui, j'ai pris la décision de rester en ville cet été. Je n'ai jamais profité de cette saison-là comme du monde, ici à Montréal, j'ai toujours eu la tête ailleurs, à moitié dans la réalité. Je n'ai jamais vraiment bien vu, trop occupée que j'étais à tout regarder; j'ai toujours aimé la sensation d'apesanteur des bonds sur la route, des montagnes russes, tout ça.

Ça doit être ça que je ne mets jamais de casque. Il serait définitivement plus sage de protéger le savoir et la lucidité que je me tue actuellement à retrouver... ok, mais cet après-midi, c'était pour le vent.

Toujours de drôles de façons de profiter.
Élisa, tu as dit aux filles qu'il fait 25 degrés aujourd'hui et que la neige est presque toute partie?

mercredi 16 avril 2008

Milieu de travail

Groupe 660
13:10

Travail intensif. Pour eux. Un plan de travail en quatre étapes, écrit en lettres attachées par ma soeur (personne ne fait plus ça de nos jours), à la craie blanche et orange, sur un tableau impeccable - ou presque: les responsables, hier, ont laissé quelques coulisses verticales qui viennent trahir leur hâte à sauter dans l'autobus. Il n'y a avait pas assez de temps pour bien rincer à l'éponge. Dehors, il fait si beau.

À part quelques craquements sporadiques de vis aux chaises, de vêtements qui froissent le papier des bureaux et d'espadrilles plats frottant sur la poussière du plancher lisse. Ce que les élèves sont sages... Si les mouches étaient réveillées, on pourrait les entendre voler.


*

13:42

L'eau du robinet a un goût que je reconnais. Ils n'ont pas changé la tuyauterie depuis 15 ans.


*

14:07
Ma soeur a la classe de 6e la plus tranquille de la terre. Ces jeunes ont de l'esprit, ils sont travaillants et autonomes. Ils ont la patience et la concentration nécessaire pour être à la tâche pendant 30 minutes sans broncher, ni déranger les voisins, ni attirer l'attention générale. C'est absolument exceptionnel. Ce calme a assez duré; je leur dit qu'ils peuvent chuchoter.

*

Beaudoin, Béliveau, Bergeron, Blais, Fortier, Fortin, Gagné, Gagnon, Hémond, Landry, Leblanc, Lemelin, Paradis, Savoie, St-Cyr, St-Pierre, Vachon... on est loin de Manille, Colombo ou Bogotá. Même que Côte-des-Neiges, d'ici, ça n'existe pas.


mercredi 9 avril 2008

Près de chez nous

Cet après-midi, j'ai touché à l'esprit d'une de mes voix préférées. Si ce n'était pas que mes pieds étaient cloués à plat sur la lourde marche de l'escalier roulant où je me laissais soulever du sous au sur-terrain, je pourrais prétendre que ce sont mes pas qui l'ont croisé. Nous avons plutôt croisé les regards. À reculons, j'ai d'abord aperçu les oreilles d'un couvre chef à la Castro, nouées haut-le-crâne, et un visage baissée, ne laissant pointer que l'arrête large d'un nez plat que je flairais comme déjà vu, sur fond de barbe, déjà-vue. J'observais l'effort maintenu par celui qui la portait, concentré sur les efforts de la montée de son corps entier; il m'observa juste assez longtemps pour comprendre ce que je voyais, en slow motion, puis quelques secondes de plus, pour apprécier sa force, de toute mon immobilité.

Montréal n'est qu'un gros village; on reconnait de nos comédiens, nos chanteurs, nos designers dans la rue presque au quotidien, surtout sur ce Plateau. Des étrangers aussi, des qu'on a l'impression de déjà connaître.

Celui-là, je ne l'avais en fait pas revu depuis le Botanique, il y a trop de mois déjà mais. C'était alors quelques minutes pour une foule; aujourd'hui ce fut quelques secondes pour un moment unique à travers mes sens en mouvement.

Il n'a pas changé de maison, Patrick Watson.


(To Build a Home, une oeuvre musicale qui m'a accompagnée de près tout au long des jours gris de mon dernier séjour européen -
Patrick Watson, pour The Cinematic Orchestra)

lundi 7 avril 2008

jeudi 3 avril 2008

Après l'hiver

Vous ne pourrez plus m'entendre parler de neige.

C'est fini.

Ça devrait être fini.

Au pire, vous aller avoir droit à un exposé sur les tempêtes retardataires ou des épisodes sporadiques de verglas. Car je me suis, vous l'aurez remarqué, contenue depuis décembre. Je n'ai même rien dit de cette grosse tempête post-21 mars - voilà qui est fait.

Alors, après l'hiver, c'est quoi?

Après l'hiver, c'est la disparition de ce qu'on a vu tout l'hiver, apparaître, changer, se faire expatrier; ce qu'on qu'on a vu engloutir la terre telle qu'on la connaissait sans se souvenir.

Après l'hiver, c'est l'apparition des biens extérieurs qu'on avait oubliés qu'on avait; c'est l'émergence des crottes des chiens des maîtres qu'on croyait qu'ils n'étaient pas hypocrites. On retrouve l'automne: l'hypocrite, on le croyait parti.

Après l'hiver, le trottoir devient plage, ou se seraient échoué des banquises et des épaves de vélos, couverte d'un sable noir grossier, de galettes de vieux cartons et des traces d'une marée de mégots au goudron.

Oubliez la pureté de la neige en janvier. En avril, Montréal est dégueulasse.

Mais malgré tout, après l'hiver, après une semaine où les balcons nous dégouttent sur la tête, dans les yeux, nous marquent le front comme une bénédiction: c'est la célébration de notre renaissance.

mercredi 2 avril 2008

Sur la croute

Dans la ruelle, la neige ne défonce pas; elle a eu du temps pour éviter ça. Après les chauds, les froids, ce n'est en fait pas comme dans les souvenirs, de sombrer à hauteur de petite jambe, prisonnier de la faiblesse de ce qu'il reste de la force de l'hiver qui chaque année s'épuise. Le printemps fait changer les choses, nous fait des surprises; que 2, 3 pouces. Des chutes qui n'en sont pas.

La ruelle, c'est le Montréal sauvage, étroit, celui des grands espaces, celui des Montréalais à œillères. Je en suis pas la seule à y avoir pensé: il y a des traces, déjà, qui datent. Leurs côtés sont tous arrondis par le soleil.

Mais la nuit, il n'y a personne. Que moi et des traces des autres.

Mon poids brise le silence de sa croustillance.


L'irrigularité de la surface bleuie dans l'ombre des jets distants des lampadaires, en vagues, laisse imaginer les chemins des bourrasques des derniers mois et l'attardement des éclaircis des derniers jours. Pour retrouver le noir de certains coins, on croirait bien qu'il faudra attendre septembre. On attendra, en pensant à autre chose.

mardi 1 avril 2008

Imperfections et radioactivité

Radioactive, je le suis sûrement encore aujourd'hui. On m'a dit que je le serais pour environ 24 heures.

Parce que là, ça fait!

Il faut trouver ce qu'ils ont, ces pieds-là... Pas seulement cinq orteils de chaque côté, non, si seulement c'était de la biologie élémentaire dont il s'agissait. Car voilà presque 3 ans maintenant que je marche chaque pas en pensant à mes chers p-i-e-d-s. Ça a commencé par le côté droit: un matin d'avril 2005, en marchant gaiement pour me rendre au métro Vendôme pour une splendide journée de travail (je ne suis pas sarcastique: il faisait beau, et je me dirigeais à mon travail, que j'adorais, et juste cette pensée me comblait de bonheur), je réalise, ayoye, que je dois m'être foulé la cheville, bizarrement sans m'en être rendue compte.

Encore. Me fouler la cheville droite, il faut savoir, est une technique savante que j'ai appris à maîtriser au cours de mon enfance et de mon adolescence. En résulte un état de guenille perpétuel de cette articulation à angle droit, que j'ai tout récemment réussi à soigner, mais l'explication vous sera livrée à un autre moment donné. À l'époque, fidèle à mon habitude lorsqu'un malaise se manifeste en moi - physique ou autre - je néglige la chose et travaille toute la journée comme une force_née.

Les jours passent. Ce n'est désormais plus la cheville qui m'élance, mais plutôt, la plante du pied. J'adore les plantes, mais celle-là, je commence à l'aimer un peu moins. Je l'ai raide comme du bois-francs et si je me concentre assez, je réalise que mon genou droit fatigue avant l'autre. Bah, ça va passer.

Ouais ouais, c'est ça! Ça finit par passer: de la cheville, au talon, aux orteils, en remontant en courant électrique derrière la cuisse, dans la fesse, jusqu'au dos! Super, reaching for the top! Bon, alors, quoi faire pour éviter la douleur? Certainement pas aller chez le médecin, car je dois travailler en prévision de mon pèlerinage dans les Balkans (!), et bien sûr, au boulot, je m'imagine sincèrement que je suis irrrrrremplaçable.

Tout l'été, à marcher quotidiennement en ancienne zone de guerre, caméra à la main et serbo-Croate entre les dents, je dois vouer que je n'y pense plus trop. Ma capacité d'adaptation à la souffrance est étonnante.

Je rentre, je recommence à travailler. J'ai pas le temps de consulter. Pas le temps. Pas le temps. Vélo, boulot, dodo, McGill dans mes temps libres puis déménagement dans les temps chauds de 2006. Et puis je commence à réaliser, que ce n'est vraiment pas normal de sentir des choc électriques à chaque coup de pédale droite, ça m'agace quand je roule en ville... et ça, c'est un ruinage de plaisir que je tolère moins.

Automne 2006: "Docteur, j'ai quelque chose à vous dire, j'ai mal au pieds. Et, c'est une longue histoire... Là, là, et là aussi, je crois que ça va ensemble. Help!" Elle me considère comme un tout, regard par en haut, regard par en-bas, air méprisant, et m'envoie faire mesurer tout ça ces jambes-là, voir si je n'avais pas une défectuosité que j'ignorais.

Devinez?

Yeah, right... Le rapport stipule: Dénivellation du bassin montrant un abaissement de 8mms de la hanche droite et légère scoliose à convexité droite de 5 degrés en regard de D8 (...) Conclusion? Raccourcissement de 8mm du membre inférieur droit. Remède miracle? Aucun! Traitement? Des semelles à 450$, non couvertes par mon assurance!

Qui en bout du compte, ne m'aurons que fait souffrir autant durant tout mon séjour en Europe. Aucune amélioration, surtout pas pour mon compte en banque, ni pour la diminution de mon temps de shopping pour trouver LA paire de chaussures qui serait assez haute pour ne pas m'en faire sortir à la moindre bourrasque. Et puis les semelles qu'on met tous les jours, ça finit par sentir mauvais. C'est fini!


Bon an mal an, mon pied droit a profité du monopole de toute mon attention dolorique pendant 3 fucking années, mine de rien, grand gagnant de mon oubli de ce que c'est que de ressentir le mal. avant que mon pied gauche se réveille en se disant que lui aussi voudrait bien être in the spotlight. Bon. Ça fait des randonnées condamnées, et des balades de moins en moins agréables, qui mènent à l'achat brise-coeur d'une passe de métro. Non, je ne suis pas handicapée...

Alors, C'EST QUOI?

Mon médecin suspectant la présence de fractures de stress aux métatarses (paraît que c'est assez populaire chez les jeunes femmes; comme si je désirais être dans le vent) , on me fit d'abord passé des rayons-X - le classique; vous n'êtes pas enceinte mademoiselle? Non! Ces tests ne démontrant finalement aucune fracture nette comme telle, on m'envoya alors passer une scintigraphie osseuse. "Vous n'êtes pas enceinte, mademoiselle? Parce qu'on vous injecte une substance légèrement radioactive, vous savez..." "Non non, ça va, injectez moi ce que vous voulez, allez." Puis, on vérifie ma circulation sanguine, pour voir si le produit connaît bien le chemin jusqu'aux culs de sac inférieurs de mon corps. À l'écran, apparaissaient comme un dessin de Light Bright, mes vaisseux sanguins en feu d'artifice dans le ciel sombre de mes jambes.

"Revenez nous voir dans cinq heures, le temps que le produit se rende dans vos os."

Soudainement, un petit plan tordu... je m'imaginais aller voiler des films dans les étalages de L.L. Lozeau! Il n'en fut rien.
J'ai lu, instead.

* * *

Selon Le grand dictionnaire des malaises et des maladies, les pieds sont le contact à la terre, la prise de stabilité dans les déplacements vers un but, un désir ou une direction. Ils représentent la position que nous prenons face aux situations qui se présentent à nous. Une douleur aux pieds signifierait un conflit entre la direction et le mouvement que je prends dans la vie. (...)

* * *

Comme c'est étrange d'observer ses os en temps réel... rien d'anormal en apparence...
Je veux qu'ils me diagnostiquent quelque chose, autre que des feux d'artifice sur un écran.

Résultats dans 2 semaines. Ceux-là.
Pour le reste... je traite un ouch à la fois.

lundi 31 mars 2008

mardi 25 mars 2008

Aujourd'hui, je suis arrivée à l'heure à l'école. Ça faisait longtemps.

lundi 24 mars 2008

Paraît que le printemps est là

Le vent a fait casser bien des arbres cet hiver, la lourde neige, s'écrouler bien des toits! C'est une saison exceptionnelle, en fait! Normalement, on vit 6 mois "d'hiver"; c'est bien sûr une exagération - les Québécois ne sont pas aussi plaignards que les Français, mais l'hiver, on dirait qu'ils se trouvent une personnalité. Selon mes souvenirs, les premiers flocons tombaient généralement vers Halloween, sans rester; les Noëls étaient souvent blancs, parfois verts; le gazon recommençait normalement à pointer à la surface comme un poisson d'avril. Mais cette année, on aura droit à un vrai 6 mois hivernal, celui des histoires de grands-parents. Même eux, ils ont rarement - ou jamais, ou ils ne s'en rappellent plus - vu pareille accumulation devant les maisons, sur les jardins, dans les champs.


Avant que tout ça se liquéfie... On croise les doigts pour un bon temps des sucres: la période sera au moins décalée, c'est sûr, suffisse qu'il continue à geler la nuit pendant la période de dégel pour que les érables coulent assez pour faire le bonheur des producteurs et grands amateurs de sirop, sucre, tire et cie. Les rivières, alors, peuvent elles aussi commencer à se préparer à déborder. Ça va être l'apocalypse.

dimanche 16 mars 2008

jeudi 13 mars 2008

Tiens, un porte-voix

La construction identitaire au coeur d'une oeuvre... Comment faire pour ne pas être au moins amusé de cette trouvaille synchronisée entre l'académiquement parcouru et le personnellement vécu?

Université McGill, cours de Littérature québécoise, session 19.

Poème d'ouverture de l'Homme rapaillé (1970)
de Gaston Miron

J'ai fait de plus loin que moi un voyage abracadabrant
il y a longtemps que je ne m'étais pas revu
me voici en moi comme un homme dans une maison
qui s'est faite en mon absence
je te salue, silence

je ne suis pas revenu pour revenir
je suis arrivé à ce qui commence

.

mercredi 12 mars 2008

dimanche 9 mars 2008

Vortex

20 minutes pour filer sur la glace noire à travers les bourrasques de poudrerie - celle qui entre par-dessous le manteau. C'est dans la moyenne, bien que personne d'autre me croisa pour vérifier. Il faut être un peu fou pour partir sur un road trip nocturne par temps pareil... mais moi, je ne faisais que retourner au point A.

20 minutes pour braver de par-derrière des paupières engourdies puis, bêtement, je sous-estime la lame sculptée par le vent juste devant la maison: 1 heure de pelletage dans la cours. Des roues qui font clignoter le tableau de bord "SLIP, SLIP, SLIP". "Je sais, j'ai été assez dupe pour foncer sans mesurer la fiabilité des pouvoirs magiques de ma pensée, mais je comprends sans image la signification de cette apesanteur soudaine.

J'ai passé plus d'une heure à friser sous mon capuchon, à couvrir mes manches mitaines de moutons alors que de la voiture on me rappelait de repenser "everything in its right place". j'ai les doigts et poignets enflés. J'ai serré les mains comme jamais je ne m'étais agrippée à l'ennemi, sans jamais même serrer les dents de rage. Le désespoir ne me rejoint étrangement pas dans les moments moins typiques.

vendredi 7 mars 2008

Berceau



La météo annonce une méga tempête de neige, une autre, la je-sais-pas-combientième tellement il en a eu cette année - paraît que j'en ai manqué. À Montréal, on ne fournit plus à regarder la neige arriver puis partir à dos de camion pour les grands dépotoirs blancs. Les trottoirs ne sont même plus chatouilleux, habitués qu'il sont à se faire toucher, masser et gratter de sel de mers à venir.

Ici à Princeville, les amoncellements se font fiers en hauteurs devant les maisons, se prennent à la fois pour terre et toits. Derrière la maison, des montagnes teintent leurs formes hivernales sur les excès des averses blanches, s'assurent du coup d'un manteau deux couleurs pour bien au-delà de la saison.

D'ici dzimanche, on devrait en avoir à la mi-mollet, pour nous raccourcir, ou plutôt jucher nos semelles 40 cm plus haut or so, fierté amusée; des niveaux qui changent tous les champs, sauf là où les pas qui poussent de côté et le vent poudre au coin des carrés. "Tout dépend de la durée de la nuit, des heures de tombée tranquille, qui ont déjà commencé", mon regard vient de me murmurer.


On reprend notre souffle et on en rit - j'en suis hilare comme pour rien d'autre, en tous cas. Je reste où mes extrêmes peuvent choir, éparses mais francs, sans compter les distances parce qu'elles se rappellent.

Surtout, ne jamais chercher l'abri nuclimate, qui ne sait qu'effrayer à en mal-trembler; pour les latitudes, plutôt ignorer les inexactitudes pour embrasser les habitudes. Surtout, endormir sa renaissance éblouie dans le mouvement d'un ici berçant. C'est un cliché à aller rêver.


jeudi 6 mars 2008

mardi 4 mars 2008

Fantomatique ritournelle de saison


Un voyage coup de tête, sans tuque; retraverser, encore, l’océan avec un grand A.

L’horizon, la perspective d’une vue à 5340 kilomètres de ma petite vie n’est jamais de trop... de mon existence qui s’accumule, je désirais du recul. Je me suis reculée, loin, d’un stratège optique laissant croire en une avancée dans l’espace de mon temps. Je suis venue errer à vos côtés. Vous aurez accompagné, encerclé, provoqué, étiré, mes pensées : les ailleurs des réflexions… la trouble vue d’un fantôme en décalage identitaire – vous m’aurez reconnue si vous en aviez déjà vu un, vous ne m’avez certainement pas reconnue si vous m’aviez déjà bien vue.

J’ai grandement profité de ces rebonds de mon esprit, réfléchissant en kilomètres à pied, sur des trottoirs sur-foulés des foules qui ne cessent de croiser leurs endroits de prédilection avec les moments des autres, ou on peut se voir à rencontre. Je serai allée partout, dans leur foulée et à rencontre, avec volonté brillant et au-delà de mes forces, dans tous les coins de mon non-vouloir, et nulle part. Ça serait facile de dire que j’aurais du rester chez nous: non, malgré que... votre continent est un fabuleux endroit, mais le moment était d’une drôlerie qui ne fait même pas sourire à pleines dents.

Tout arrive à point, et je n’ai manqué ni vol ni train. J’ai eu droit à une merveilleuse pause de l’hiver, de sa froidure qui dans l’émerveillement gèle les larmes avant même qu’elles ne puissent émerger du pergélisol. Grâce à l’Europe, dans son eau de surface, j’ai pu prendre l’inspiration dont j’avais besoin pour réapprendre à replonger.

Plonger et replonger, dedans et dehors de ses flaques, il y a quelques jours, il y a quelques mois, il y a quelques ans... Sur les vieux reliefs des derniers jours, je réussissais quand même sans mal à marcher, au côté des restes de ciel en émoi, à sauter en travers de ce qui reflétait mes gris. Je suis après tout l’héritière agile d’une vie à parcourir (les glaces minces) et à éviter (la slush épaisse!). Je dis cela pour me rassurer, car je crois bien qu’il y a de ces bons côtés qui ne s’égarent jamais totalement; la peur d’être perdue, elle, est plus affolante. Quand on voyage seule, on a intérêt à ne pas trop regarder son reflet de haut.

Je viens d’une campagne d’où les fermes ne sont qu’à regarder. De lonely rêves inexplicables, cauchemars à mi-temps ou éveillés à espérer le printemps, j’ai appris à cultiver un croisement de bonheur et de mal-être: ils sont, de saison, la fleurissante récolte d'éclosions existentielles. Je suis le réveil d'un précaire rendu humain de ciel et terre; heureusement, mon bien-être, fait de jachère et d’éclaircies intemporelles, revient, légendaire.

* * *

En un clignement de paupières, je retrouve notre butte, notre mont, notre montagne royale, et ma vie, sur un plateau.


I’m dreaming of solid grounds, et pour une rare fois, je saisis que pour les moments qu'il faut, de maintenant, c'est beaucoup plus par ici.


mercredi 6 février 2008

Le possible


Une lanterne comme une idée de génie, un espoir soudain, une vision inattendu qui me frappe alors que j'attends la 144, aux croisements de géographies linéaires d'un matin aquatique... L'inconvénient avec les rêves, c'est qu'ils ne tiennent qu'à un fil - le même, toujours, sourire vers le ciel, sourire en coin. Le vent les fait tanguer leur manque de fermeté, leur atteinte se fait lointaine.

Mais toujours, tiennent.

mardi 5 février 2008

lundi 4 février 2008

Avec "t"

Après plusieurs semaines à ne laisser paraître que l'ombre de moi-même, à Montréal et en Cybernétie, je réactive mes bonnes vieilles habitudes sous de nouvelles touches.

J’ai hâte de tout monter pour vous montrer.

Il y a bien du temps à rattraper, chose pour laquelle je n'excellerai jamais; n'accélérerai pas le pas non plus.

Ce qui vivra verra.

(La contemplation se vit, là, dans la beauté des retards soufflés)

mercredi 16 janvier 2008

Expiré

J'ai réalisé aujourd'hui que mon passeport avait expiré il a une semaine.
Je suis prise ici, je ne peux plus partir par le vent... justement, je pensais à m'en aller.


Schaerbeek, un an jour pour jour:
Chaussée de Haecht, around the corner


mardi 15 janvier 2008

Mirage de nuit



Transposer les réalités, encore et en vain.

lundi 14 janvier 2008

Un an déjà

Le premier émerveillement plein jour.



"J'aimerais avoir la plus grosse, SVP"


mercredi 9 janvier 2008

Fondre

Nous recommencions a croire en la période glacière, apprivoisant tranquilement son appocalypse d'immobilié. Plutot, les tois se son transformés en torrents et de la terre retrouvée jaillit désormais des sables ténébreux. Nous sortons a découvert dans un monde qui ne réussit pas à se faire d'idée.

lundi 7 janvier 2008

Aujourd'hui, j'ai recu une lettre de Grand-Maman avec, bien blottis dedans, un secret et un je t'aime éternel.

Grand-maman, j'ai recu ta lettre. Merci beaucoup. Je t'aime aussi.